4ème plan Autisme : un nouveau plan d’économies budgétaires

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L’inclusion scolaire systématique au détriment des établissements spécialisés

Le gouvernement a présenté le 4ème plan Autisme le 6 avril, après neuf mois de concertation nationale qui, malgré les tentatives d’effets d’annonce, va se traduire par :
– moins d’hôpitaux psychiatriques avec l’objectif « qu’il n’y ait plus d’hospitalisation de longue durée » d’ici 2022.
– moins de d’hôpitaux de jour et d’IME : « l’inclusion des enfants autistes à l’école plutôt que la prise en charge dans un hôpital de jour ou dans un IME »
– toujours plus d’inclusion : quel que soit le degré ou la nature de leur handicap le plan prévoit que « 100% des enfants autistes soient scolarisés en maternelle d’ici 2021 ».

Et pourtant il y a urgence à inverser la tendance !

La conférence contre l’inclusion scolaire systématique, organisée par la FNEC FP-FO le 28 mars, a rassemblé 250 participants de tous les départements, de tous les secteurs d’enseignement, des 1er et 2nd degré, des lycées professionnels ; de la fédération FO des services publics de de santé (FSPS-FO), des représentants de la FAGE-FO et de la FNAS-FO (action Sociale).

Toutes les remontées des départements attestent de la dégradation des conditions de travail découlant de l’inclusion scolaire systématique. La situation présente un caractère d’urgence.

Dans le seul et unique but de réaliser des économies budgétaires, le gouvernement remplace des structures avec des personnels spécialisés par des dispositifs. C’est notamment le cas avec les RASED dont l’existence est menacée. C’est aussi le cas avec les ULIS dans les collèges et lycées professionnels. C’est encore le cas avec les menaces qui pèsent sur les IME et IMPro.

La FNEC FP-FO s’adresse au ministre pour lui demander d’ouvrir des négociations dans les meilleurs délais. Il est urgent d’inverser la tendance.
– rétablissement du droit à un enseignement spécialisé pour les élèves dont la situation l’exige, ce qui signifie le retour à une orientation au cas par cas des élèves selon la nature et le degré de leur handicap.
– rétablissement et de la création de tous les postes, structures et établissements en fonction des besoins, ainsi que le retour à une réelle formation des enseignants exerçant dans l’enseignement spécialisé.
– intégration de tous les personnels accompagnants des élèves en situation de handicap dans un corps de la fonction publique d’Etat.

Poste « chargé de mission – climat scolaire »

Poste « chargé de mission – climat scolaire »

Un nouveau poste apparait dans notre mouvement départemental intitulé: chargé de mission « climat scolaire ». Au regard du nombre de situations explosives relatives à l’inclusion scolaire dans les écoles du département, l’administration met en place un échelon supplémentaire dans ses dispositifs d’accompagnement: un poste profilé !

Des éléments troublants ressortent de la fiche de poste; notamment:

– Il participe aux réunions et groupes de travail de la circonscription ASH, aux réunions des pôles ressource des circonscription(s) du premier degré, aux commissions éducatives du second degré, aux réunions de l’Équipe Mobile Ressource (EMR), ainsi qu’au comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

– Il repère les besoins d’accompagnement des personnels impactés par la situation et facilite l’instruction et la mise en œuvre de cet accompagnement, en lien avec les IEN de circonscription, les équipes ressources, la GRH-AG et la responsable de formation.

Il est le correspondant des membres du CHSCT au sujet des élèves dont le comportement perturbe gravement et durablement les apprentissages.

Ce collègue portera t-il une responsabilité si les situations ne s’améliorent pas ? A la lecture de la fiche de poste, l’administration semble vouloir l’inviter comme expert aux réunions des CHSCT D !

Pour le SNUDI-FO 53, c’est bien à l’employeur de garantir aux salariés des conditions ne remettant pas en cause leur santé ou leur sécurité. Il en est de sa responsabilité quand il a été informé d’un risque encouru par un collègue. Ce n’est pas en envoyant un collègue dans les écoles pour éteindre les incendies que nous améliorerons les conditions de travail, mais bien en respectant les notifications MDA, et en développant des postes d’enseignants spécialisés et en arrêtant de fermer les structures spécialisées… enfin ce serait un début. La fermeture des structures spécialisées, des classes d’IME et d’ITEP, postes de Rased s’est faite contre le droit des enfants et de leur famille à bénéficier d’un enseignement adapté et au détriment des personnels et de leurs conditions de travail. Le SNUDI-FO continue de dénoncer les conséquences de l’inclusion scolaire systématique et de la mise en œuvre de la loi de 2005. C’est en ce sens qu’est organisée une grande conférence nationale sur l’inclusion scolaire à Paris le 28 mars prochain, à l’initiative de FO, en présence de spécialistes du handicap, de collègues venus de toute la France, des enseignants spécialisés, des enseignants référents…

Ne restez pas seuls face ce genre de situations, contactez le SNUDI-FO. A lire notre document sur l’inclusion scolaire.

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