Inclusion scolaire systématique : Tous à Paris le 5 novembre !

Inclusion scolaire systématique : Tous à Paris le 5 novembre !

Dans les écoles, les établissements scolaires, les services de santé, les établissements sociaux et médico-sociaux, les collectivités territoriales, le constat est partout le même : ça craque !

Appel FO éducation, santé, médico-social, territoriale et la FCPE 53 (parents d’élèves)

Affiche pour la salle des maîtres

Enseignants, AESH, ATSEM, animateurs, éducateurs spécialisés, personnels hospitaliers, personnels sociaux et médico-sociaux, PsyEN, pédopsy, personnels administratifs et techniques… tous sont confrontés au manque de moyens, au manque de personnels, à la surcharge de travail et à des situations de plus en plus difficiles.

Et au bout de la chaîne, ce sont les enfants, les jeunes et leurs familles qui subissent les conséquences de cette pénurie organisée de moyens.

En France, 30000 enfants disposant pourtant d’une notification MDPH pour une orientation en établissement social ou médico-social n’y ont pas accès faute de place. Parmi eux, 28000 sont scolarisés en milieu ordinaire et 2 000 ne sont pas scolarisés. À cela s’ajoutent les milliers d’élèves qui ne bénéficient pas de l’accompagnement AESH qui leur a pourtant été notifié.

Lors de la réunion publique FO-FCPE organisée le 5 mai dernier, parents et professionnels ont dressé le même constat : l’inclusion scolaire ne peut se faire que dans le respect des besoins de chaque enfant.

Aujourd’hui encore dans notre département, près de 200 enfants et jeunes sont en attente d’une place dans le médico-social (ITEP, IME, SATED), une vingtaine en attente d’une place en ULIS…

Derrière ces chiffres, il y a des centaines d’enfants dont les notifications d’accompagnement AESH ne sont pas respectées, des familles sans solution, des enseignants, AESH, ATSEM et animateurs épuisés, des personnels du médico-social et de la santé empêchée d’exercer correctement leurs missions.

Certains enfants sont maintenus dans une classe qui ne correspond pas à leurs besoins faute de place dans une structure adaptée. D’autres voient leur temps de scolarisation réduit. D’autres encore attendent plusieurs années une prise en charge, quand de trop nombreux enfants sont tout simplement déscolarisés. Cela constitue une rupture d’égalité des droits. Ce n’est acceptable ni pour ces enfants, ni pour leurs familles, ni pour les autres élèves, ni pour les personnels.

Une école, même avec toute la bonne volonté des personnels, ne peut se substituer à un IME, un ITEP, un service médico-social, un CMP ou tout autre service de pédopsychiatrie. La pédagogie ne peut remplacer les soins et l’accompagnement spécialisé. C’est également le constat porté nationalement par les fédérations de l’action sociale FO et CGT, qui revendiquent une diversité des formes de scolarisation et une prise en charge définie à partir des besoins de l’enfant plutôt qu’à partir des seules places disponibles.

En Mayenne, la pédopsychiatrie manque elle aussi cruellement de moyens : difficultés d’accès aux consultations, manque de médecins et de soignants, capacités d’hospitalisation très insuffisantes…Dans certains secteurs, comme le nord-Mayenne, et pour certaines tranches d’âge, comme l’adolescence, l’accès aux soins dans le service public et tout simplement impossible sauf urgence.

L’absence de moyens dans la santé et le médico-social se répercute directement dans les écoles, les établissements et les collectivités.

L’inclusion scolaire ne peut consister à placer systématiquement tous les enfants dans les classes ordinaires, quelles que soient leurs difficultés et leurs besoins réels.

Elle doit partir des besoins de chaque enfant et des notifications établies par la MDA, et non des économies recherchées ou de la pénurie de places.

La généralisation des PAS (Pôles d’appui à la scolarisation) constitue à ce titre une nouvelle inquiétude. Les organisations syndicales dénoncent un dispositif susceptible de réduire le recours aux notifications MDPH et de transférer toujours davantage de responsabilités vers les personnels des établissements scolaires sans leur donner les moyens correspondants.

Dans le même temps, les transformations et externalisations des établissements sociaux et médico-sociaux vont faire disparaître progressivement des structures, des équipes et des savoir-faire spécialisés pourtant indispensables.

Ce qui se passe aujourd’hui démontre qu’on ne peut pas opposer l’Éducation nationale, les collectivités territoriales, la santé et le médico-social.

Un enfant a besoin, selon sa situation, d’enseignants, d’AESH, d’ATSEM, d’éducateurs spécialisés, de psychologues, de médecins, d’infirmiers, de personnels de rééducation, d’animateurs et de services sociaux et médico-sociaux disposant du temps et des moyens nécessaires.

Nos revendications :

  • la création immédiate des places en IME, ITEP, SATED et plus largement dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux à hauteur des besoins
  • l’arrêt du démantèlement et de l’externalisation des établissements sociaux et médico-sociaux
  • le respect de toutes les notifications de la MDA et le maintien d’une véritable évaluation des besoins des enfants
  • l’abandon des PAS, des PIAL et de l’acte 2 de l’École inclusive ;
  • le recrutement des enseignants spécialisés et des PsyEN-EDA nécessaires et la reconstitution de RASED complets
  • un statut de fonctionnaire et un vrai salaire pour les AESH, avec un temps plein à 24 heures
  • un véritable statut et une revalorisation des ATSEM, avec les effectifs nécessaires dans les écoles maternelles
  • des effectifs suffisants pour les services municipaux, les personnels d’animation et du périscolaire
  • le recrutement massif de professionnels dans les établissements sociaux et médico-sociaux et la santé
  • des médecins et soignants à hauteur des besoins en pédopsychiatrie, dans les CMP et les services hospitaliers, ainsi que les lits d’hospitalisation nécessaires
  • l’arrêt des mutualisations, redéploiements et polyvalences forcées qui dégradent les conditions de travail et l’accompagnement des enfants
  • des formations, des statuts, des salaires et une véritable reconnaissance pour tous les professionnels qui concourent à l’éducation, au soin et à l’accompagnement des enfants en situation de handicap

Le jeudi 5 novembre, montons à Paris !

Enseignants, AESH, ATSEM, animateurs, personnels hospitaliers, éducateurs, personnels sociaux et médico-sociaux, parents : nous sommes tous concernés.

Pour le droit de chaque enfant à une scolarisation, des soins et un accompagnement réellement adapté à ses besoins !
Pour les postes, les places, les structures et les moyens nécessaires !
Pour les statuts, les salaires et les conditions de travail de tous les personnels !

Déplacement en car départ Péage de Louverné ou péage de La Gravelle. Détails (horaires, rendez-vous…) envoyés prochainement.

Inscription en ligne via le formulaire
ou par email :
fnecfpfo53@gmail.com, gdfosante53@gmail.com, gdfo53@orange.fr, fcpe53@gmail.com
Participation financière sur place ou paiement en ligne

Ecole inclusive : communiqué du SNCI, syndicat FO des IEN

Ecole inclusive : communiqué du SNCI, syndicat FO des IEN

ÉCOLE INCLUSIVE : TRAITER LES CAUSES, PAS SEULEMENT GÉRER LES CRISES

Article sur le site du SNCI-FO (Syndicat National des Corps d’Inspection)

Le 7 juillet 2026, un groupe de travail de la formation spécialisée ministérielle s’est réuni sur les « conditions de travail des personnels ayant en charge des élèves perturbateurs et des personnels ayant en charge des élèves à besoins éducatifs particuliers ». Ce que révèle le compte rendu de cette séance éclaire, mieux qu’un long discours, la nature du différend qui oppose aujourd’hui les organisations syndicales sur l’inclusion scolaire.

L’administration proposait un seul point à l’ordre du jour : élaborer un guide pour aider les personnels à faire face aux situations de crise. La FNEC FP-FO — dont le SNCI-FO est composante pour les corps d’inspection — a refusé ce cadrage : on ne répond pas à une politique publique défaillante par un mode d’emploi individuel destiné à ceux qui en subissent les conséquences. La FSU a défendu la rédaction du guide, arguant que la formation spécialisée ne serait pas le lieu pour discuter des réformes. L’argument est inexact : la présidente de séance a elle-même reconnu que l’examen des effets des réformes sur la santé des personnels relève bien des prérogatives de cette instance. Simplement, le ministère n’a pas mandat de l’ouvrir, faute pour les organisations majoritaires de l’avoir exigé.

Sur un échantillon de 53 fiches de signalement (RSST), le ministère documente lui-même :

  • 45 % de violences physiques directes sur les personnels (coups, morsures, tentatives d’étranglement) ;
  • 18 cas de violences verbales et psychologiques, y compris à caractère sexuel ;
  • 15 situations de dégradations matérielles et mises en danger ;
  • 3 cas avec présence d’une arme ou d’un objet assimilable ;
  • 17 crises comportementales intenses et répétées, jusqu’à mobiliser les pompiers.

Ces chiffres ne décrivent pas des incidents isolés, mais un fonctionnement dégradé et généralisé. Reconnaître ce constat ne dispense pas d’en interroger les causes.

NiveauCe qu’il faitCe que propose le ministère
PrimaireAgir sur les causes, avant que le risque ne survienneRien
SecondaireLimiter les effets d’un risque déjà réaliséLe guide proposé
TertiaireAccompagner les personnels après le dommageHors sujet du GT

Un guide de gestion de crise n’a jamais empêché une crise de se produire. Or les causes sont documentées : une accélération de la scolarisation en milieu ordinaire d’élèves relevant de prises en charge spécialisées, sans les moyens humains et matériels correspondants — un écart que pointent depuis plusieurs années les travaux de sociologie de l’éducation et du handicap.

Notre position ne conteste pas le droit de chaque enfant à une scolarisation adaptée. Elle conteste une mise en œuvre qui, sous couvert d’inclusion, se traduit par :

Des économies budgétaires réalisées au nom de l’inclusion. Le coût d’une scolarisation en établissement social ou médico-social (IME, ITEP, IEM) est entre trois et dix fois plus élevé que celui d’une scolarisation en classe ordinaire — y compris lorsqu’elle requiert un enseignement spécialisé et un plateau de soins que la pédagogie seule ne remplace pas. Ce différentiel fait du milieu ordinaire une variable d’ajustement budgétaire commode : l’inclusion cesse d’être un choix éducatif pour devenir un levier d’économie d’échelle.

Des droits notifiés et non respectés. Sur environ 30 000 élèves disposant d’une notification MDPH pour un établissement spécialisé, 2 000 ne sont pas scolarisés du tout et 28 000 restent en milieu ordinaire, faute de places : un droit reconnu sur le papier, vidé de sa portée faute de moyens.

Une gestion par la pénurie déguisée en doctrine. Les Pôles d’appui à la scolarité, présentés comme la nouvelle doctrine ministérielle, mobilisent 1 500 postes pour une prise en charge directe d’élèves proche de zéro — le Parlement les a jugés suffisamment peu convaincants pour les retirer de la loi sur le parcours inclusif. Côté AESH, la réforme statutaire annoncée maintiendrait 80 % des accompagnants dans la précarité, contre un habillage d’« accessibilité » pour les 20 % restants.

Une organisation qui accompagne, sans les interroger, des réformes dont elle documente elle-même les effets délétères sert-elle mieux la cause de l’inclusion qu’une organisation qui exige le respect des droits notifiés et des moyens à la hauteur des ambitions affichées ? Le SNCI-FO, dans la tradition de défense du service public de la FNEC FP-FO et de la Confédération FO, agit en faveur d’une inclusion réellement dotée des moyens qui la rendent possible — pour les élèves, leurs familles, et les personnels qui les accueillent.


Prochains rendez-vous : un nouveau GT le 12 octobre 2026, puis une formation spécialisée ministérielle le 5 novembre — jour où FO appelle à la grève et à une montée nationale à Paris. Le SNCI-FO y portera, avec la FNEC FP-FO, les revendications de son livre blanc sur l’inclusion, à paraître fin septembre.

PAS : après la décision de l’assemblée Nationale FO demande la restitution des postes pour l’annulation des fermetures de classes

PAS : après la décision de l’assemblée Nationale FO demande la restitution des postes pour l’annulation des fermetures de classes

Télécharger le courrier au DASEN

Télécharger le courrier de la FNEC-FP FO au ministre


Laval, le 15 mai 2026
Objet : abandon des PAS et restitution des 7 postes préemptés

Monsieur le directeur académique,

Lundi 11 mai, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi « visant à renforcer le parcours inclusif des enfants à besoins éducatifs particuliers » qui acte la suppression des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS) et l’arrêt de leur généralisation. Vous le savez, notre organisation s’est toujours opposée aux PAS.

Et pour cause, la mise en place des Pôles d’Appui à la Scolarité réduit l’accompagnement des élèves par les AESH en contournant les notifications de la MDA. D’autre part, le duo enseignant spécialisé / éducateur spécialisé conduit in fine à « coacher » les enseignants et même les familles, au lieu de prendre réellement en charge les élèves. Le recours à ces personnels pour les PAS a également pour effet de vider les classes spécialisées et les ESMS des personnels nécessaires à leur fonctionnement, participant ainsi à leur démantèlement.

Le vote de la représentation nationale tient compte d’une réalité : les PAS sont massivement rejetés et nous en exigeons l’abandon définitif.

Alors que 2 PAS ont été créés à la rentrée 2025 dans le département, que le ministère crée plus de 1 000 PAS à la rentrée 2026, vous avez préempté 5 postes de PE pour la création de 5 PAS supplémentaires à la rentrée.

La FNEC-FP FO 53 vous demande la restitution de ces 7 ETP pris sur le BOP 140 afin d’annuler des fermetures de classes et de créer les postes spécialisés et de remplaçants nécessaires. Par ailleurs, nous refusons que les personnels ayant obtenu un poste dans le cadre des PAS soient aujourd’hui victimes de cette situation.

Nous rappelons que dans le département, près de 200 élèves qui devraient être scolarisés dans les établissements sociaux et médico-sociaux ne s’y trouvent pas, faute de place. Il faut créer tous les postes spécialisés nécessaires dans les écoles et les établissements sociaux et médico-sociaux.

Persuadé que vous saurez prendre en compte cette demande légitime et justifiée, restant à disposition, nous vous prions d’agréer, Monsieur le directeur académique, l’expression de notre haute considération.

Stève Gaudin, secrétaire départemental

Inclusion scolaire réunion publique FO et FCPE

Inclusion scolaire réunion publique FO et FCPE

Vous pouvez afficher en salle des maîtres mais aussi à l’extérieur de l’école pour les parents d’élèves.

Mardi 5 mai à 18h30, FO et la FCPE organise une nouvelle réunion publique à Laval, à 18h30 à la maison de quartier Hilard.

Après le succès de la réunion FO-FCPE du 4 mars 2025 le SNUDI-FO 53 appelle l’ensemble des personnels des écoles publiques, PE, AESH et PsyEN à participer ce rassemblement qui regroupera :
– Enseignants
– Parents d’élèves
– AESH
– ATSEM
– Personnels du médico-social (IME, ITPE…)
– Médecins
– Infirmiers
– Educateurs
– Enseignants référents
– PsyEN
– RASED
– CMP
…. etc

En Mayenne, pour FO et la FCPE il faut de toute urgence :

  • La création des places en IME/ITEP à hauteur des besoins 
  • Le recrutement de tous les enseignants spécialisés et PsyEN-EDA pour restaurer des RASED complets 
  • Un vrai statut, un vrai salaire pour les AESH,
  • L’abandon des PIAL et de l’acte 2 de l’école inclusive 
  • Le respect de toutes les notifications de la MDA
  • Le recrutement de soignants et de médecins à la hauteur des besoins en pédopsychiatrie (CMP, USISEA…), l’ouverture de lits d’hospitalisation, notamment pour les adolescents en souffrance

30000 élèves en attente d’une place en ESMS !

30000 élèves en attente d’une place en ESMS !

FO intervient sans relâche en défense de l’enseignement spécialisé, contre le dogme de l’inclusion systématique et indifférenciée. La FNEC FP-FO a exigé et obtenu que cette question soit mise à l’ordre du jour de la Formation spécialisée ministérielle (F3SCT-M)

Après d’âpres négociations avec d’autres organisations syndicales qui ne souhaitaient pas que la question de l’inclusion soit traitée en tant que telle, un groupe de travail intitulé : « Conditions de travail des personnels ayant en charge des élèves perturbateurs et des personnels ayant en charge des élèves à besoins éducatifs particuliers » s’est réuni en présence de Marc Pelletier, sous-directeur de l’inclusion scolaire et de la vie des établissements. Celui-ci a rappelé les orientations ministérielles.

Le ministère :
– La question de l’inclusion a pour cadre juridique de la loi de 2005 qui pose le principe d’une scolarisation de tous les élèves en établissement ordinaire.
– L’acte I de l’Ecole inclusive a permis une très forte augmentation du nombre d’élèves en situation de handicap scolarisés (X4 depuis 2006. On est passé de 118000 élèves à 520000).
– 90 % des élèves notifiés sont suivis par un personnel AESH. [NB : Le ministère ne précise pas si ce suivi correspond à la quotité d’heures prévue par la notification. Avec les PIAL, aggravés par les PAS, le saupoudrage devient la norme.]
– 30000 élèves sont en attente de place en établissement social ou médico-social (ESMS). [NB : Les dernières annonces il y a 2 ans faisaient état de 24000 élèves, soit + 6000 élèves en 2 ans !] Il n’y a pas de solution pour 2000 élèves. [NB : Ils restent donc chez eux, ce qui est scandaleux, mais pour les 28000 autres élèves, la solution c’est la scolarisation en classe ordinaire… Pour rappel, seuls 17 % des élèves dans cette situation sont scolarisés en ULIS.]
– Il faut organiser la formation de tous les personnels. Cela permettra un travail plus fluide et rapproché avec les personnels du médico-social.
– Il faut développer les Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS). Le PAS est constitué d’un binôme avec un enseignant spécialisé et un éducateur spécialisé qui sera accessible aux familles et aux équipes sans nécessairement de notification de la MDPH. 479 PAS sont d’ores et déjà déployés. On prévoit 1033 PAS de plus pour la rentrée 2026 et 1137 PAS de plus pour la rentrée 2027. Les retours de la mise en place de ces PAS sont très bons… Ils permettent de développer la politique d’accessibilité (des conseils, parfois du matériel…) et non de compensation (des moyens humains)…

La FNEC FP-FO a rappelé que les Registres de Santé et de Sécurité au Travail (RSST) comportent de très nombreux signalements en lien avec l’inclusion. La politique d’inclusion systématique et forcée s’oppose à une prise en charge réelle des élèves dans un cadre spécialisé ou adapté avec le cas échéant les soins nécessaires à leur situation. Cette orientation conduit à une mise en danger des personnels et des élèves.

Les chiffres apportés par l’administration, bien que minorés, sont déjà édifiants. 10 % des élèves qui n’ont aucune prise en charge AESH, c’est plus de 50000 élèves… 30000 élèves ne sont pas scolarisés en ESMS faute de places…

Au lieu de créer les places nécessaires, de recruter les personnels nécessaires, le ministère prépare l’externalisation totale des ESMS avec par exemple le dispositif « 100 IME hors les murs », comme au Havre où 78 élèves d’ESMS doivent être scolarisés dans un groupe scolaire de 350 élèves…

Les PAS vont continuer à dégrader les conditions de travail des AESH en accélérant la mutualisation impulsée par les PIAL. Dans un contexte de 4000 suppressions de postes, créer 1033 PAS à la rentrée 2026, c’est fermer au moins 1033 classes supplémentaires, y compris des classes spécialisées. C’est vider les classes spécialisées de leurs enseignants spécialisés (et donc se retrouver avec de nombreux enseignants faisant fonction sur des postes spécialisés) et vider les ESMS de leurs éducateurs spécialisés. Le ministère affirme que les retours des personnels sont très bons… Ce n’est pas du tout l’appréciation de la FNEC FP-FO. Les personnels confrontés à des situations intenables ne veulent pas de « coaching ». Ils veulent une réelle prise en charge des élèves par des enseignants et des éducateurs spécialisés, avec les soins adaptés si besoin.

Aucune réponse réelle n’a été apportée par l’administration. Un nouveau groupe de travail est programmé dans lequel la FNEC FP-FO présentera des situations concrètes pour illustrer les effets délétères de la politique d’inclusion systématique et forcée.

Certaines organisations syndicales, ayant rappelé leur soutien à la loi de 2005, à l’externalisation des ESMS et aux PAS, ont indiqué que la discussion ne devait pas se mener sur la question de l’inclusion mais se limiter aux élèves « perturbateurs ». Ces organisations souhaitent réactualiser le guide réalisé par le CSHCT en 2017 (la FNEC FP-FO ne s’était pas associée à ce document) : « Prévention des risques professionnels et accompagnement des personnels confrontés à des situations difficiles avec des élèves à besoins éducatifs particuliers ou à comportements perturbateurs. »

Pour la FNEC FP-FO, ce n’est pas un Nième guide de bonnes pratiques qui va apporter les solutions nécessaires. La FNEC FP-FO ne souhaite pas traiter du cas des élèves « perturbateurs » en général. C’est la question de la prise en charge par l’institution des élèves en situation de handicap qui est au coeur du sujet. La reconnaissance d’une situation de handicap, avec une notification de la MDA, est génératrice de droit pour l’élève concerné : présence d’AESH, prise en charge spécialisée, soins…

C’est le non-respect de ce droit, faute de places et de moyens, qui crée les situations intenables auxquelles sont confrontés les personnels. C’est cette cause primaire de risque psycho-social pour les personnels et de mise en danger des élèves que la FNEC FP-FO combat. La FNEC FP-FO utilise tous les leviers à sa disposition pour porter les revendications en défense de l’enseignement spécialisé et adapté, par exemple en s’appuyant sur l’obligation statutaire de l’employeur de garantir des conditions de travail de nature à protéger l’intégrité physique et psychique des agents.

La question de construire le rapport de force est plus que jamais posée, en lien avec la mobilisation contre les suppressions de postes du budget de guerre Macron-Lecornu. Dans de nombreux départements, des premières initiatives en défense de l’enseignement spécialisé ont eu lieu, parfois avec les parents et les élus. La FNEC FP-FO invite tous les personnels à se regrouper pour exiger :
– Annulation des 4000 suppressions de postes et créations des postes nécessaires, y compris tous les postes spécialisés !
– Ouverture des places nécessaires en ESMS, non aux externalisations !
– Un Statut et un vrai salaire pour les AESH, abandon des PIAL, abandon des PAS !

Pôles d’appui à la scolarité (PAS) : la double peine !

Pôles d’appui à la scolarité (PAS) : la double peine !

Le budget Lecornu, passé en force au moyen de l’article 49-3, s’attaque frontalement à l’Ecole publique avec la suppression de 3 256 postes d’enseignants, dont 1 891 dans le 1er degré. A la rentrée 2025, les 470 suppressions de postes du budget Bayrou s’étaient traduites par 5000 fermetures de classes dans les écoles. Pour la rentrée 2026, c’est 4 fois plus de suppressions de postes qui sont actées…

Cette saignée inédite sera aggravée par la généralisation des pôles d’appui à la scolarité (PAS). Un PAS est constitué d’un enseignant et d’un éducateur spécialisé qui interviennent pour « coacher » les personnels confrontés à des situations ingérables dans leur classe en amont des notifications MDA et qui gèrent les emplois du temps des AESH, autant d’enseignants et d’éducateurs spécialisés qui manqueront d’ailleurs dans les établissements sociaux et médico-sociaux ou dans les classes spécialisées pour prendre en charge les élèves. Pour l’Education Nationale les moyens sont pris sur l’enveloppe budgétaire 1er degré (BOP 140).

Les PAS sont donc un dispositif de gestion et d’amplification de la pénurie visant à restreindre et contourner les notifications MDA et à mutualiser toujours plus des AESH plus taillables et corvéables que jamais. Les PAS c’est : « dites-moi de quoi vous avez besoin, je vous expliquerai comment vous en passer… »

Les personnels ne veulent pas des PAS : ils veulent que soient créées des places dans les établissements sociaux et médico-sociaux pour les élèves qui en ont besoin, ils veulent la création de postes d’enseignants spécialisés qui interviennent directement auprès des élèves à besoin particulier, ils veulent les recrutements d’AESH sous statut qui sont nécessaires !

Des PAS pour fermer 1000 classes de plus !

Or, le ministère, plutôt que de créer des places dans les établissements sociaux et médico-sociaux, plutôt que de recruter des AESH sous statut, entend généraliser ces PAS pour amplifier les économies sur le dos des élèves les plus fragiles. 480 PAS existent actuellement. Le ministère veut en créer 1000 de plus à la rentrée et donc réserver 1000 postes pour la mise en place de ces dispositifs. 1000 postes qui provoqueront donc autant de fermetures de classes, en plus de celles générées par les 1891 suppressions de postes du budget Lecornu.

Ainsi, par exemple, dans notre académie, en plus des 136 suppressions de postes actées par le ministère, la Rectrice indique que 70 postes seraient utilisés pour mettre en place les PAS, ce qui signifie 70 fermetures de classes supplémentaires, car ces moyens sont pris sur les enveloppes budgétaires 1er degré ! En Mayenne le DASEN prévoit 10 PAS au total, dont 2 déjà expérimentés cette année !

Les PAS c’est la double peine : d’une part l’aggravation de l’inclusion systématique et forcée et de ses conséquences destructrices pour les élèves et les personnels, et d’autre part un nouveau contingent insupportable de fermetures de classes

Le SNUDI-FO revendique :

  • L’abandon des 1891 suppressions de postes dans les écoles et la création des postes nécessaires !
  • L’abandon des PAS !
  • La création des places nécessaires des les établissements sociaux et médico-sociaux !
  • La création du nombre de postes d’AESH à hauteur des besoins, avec un statut de fonctionnaire et un temps plein de 24h !
    Il invite les personnels à se réunir avec les parents d’élèves, avec les élus locaux, avec tous ceux qui veulent défendre l’Ecole publique pour prendre toutes les initiatives immédiates pour faire valoir les revendications !

Violences à l’école : fiche réflexe bidon

Violences à l’école  : fiche réflexe bidon

FO boycotte le groupe de travail !

Pas une semaine ne passe sans que nos adhérents nous alertent sur des situations explosives dans les écoles, liées à l’inclusion scolaire systématique et indifférenciée, ou à des violences de parents d’élèves.

La réalité sur le terrain, ce sont des collègues victimes de violences abandonnés par l’ administration, qui sont convoqués et sommés de s’expliquer au lieu d’être protégés, qui subissent des accompagnements culpabilisateurs au lieu d’être défendus.

En 2024, l’administration (avec d’autres organisations) a mis en place un « protocole » censé répondre aux situations ingérables impliquant des élèves à besoins éducatifs particuliers, en situation de handicap ou non.

En réalité, et c’est confirmé aujourd’hui, il s’agit d’un outil de culpabilisation supplémentaire, d’une nouvelle esbroufe pour masquer la faillite de l’inclusion scolaire forcée et indifférenciée. Des IEN reprochent même aux collègues de ne pas passer par le protocole !

FO a été la seule organisation syndicale à refuser ce protocole.

En savoir plus

Cette année, c’est à nouveau un syndicat qui a demandé la tenue d’un groupe de travail afin d’élaborer, avec l’administration, une nouvelle « fiche réflexe », définie comme, tenez-vous bien : « une fiche synthétique permettant aux personnels d’avoir une vision complète et rapide des modalités d’accompagnement possibles lorsqu’ils sont exposés à la gestion d’une situation complexe ».

Tout un programme.

Ce groupe de travail s’est réuni le mardi 3 février, jour de l’agression au couteau, d’une enseignante d’un collège à Sanary-sur-Mer…

FO a été la seule organisation syndicale à refuser de participer à ce groupe de travail, à refuser de cautionner cette “fiche réflexe”, qui ne répond en rien aux besoins et aux revendications.

Dans les faits, cette fiche prévoit :

  • un numéro vert pour le réseau PAS,
  • l’accompagnement de l’IEN
  • de l’accompagnement pédagogique,
  • des rappels de numéros de téléphone pour le SAMU par exemple

Mais rien sur la prise en charge réelle des élèves, rien sur le respect des notifications de la MDA, rien sur la protection des personnels, rien sur la protection fonctionnelle, rien sur les  moyens pour la médecine de prévention, rien sur la responsabilité de l’employeur… 

Comment cautionner un tel dispositif qui ne répond en rien aux revendications des personnels ?
Comment accepter de co-élaborer cette fiche en groupe de travail, dans une logique de co-gestion avec le DASEN ?

Ce n’est pas la place de FO, ce n’est pas notre mandat.

C’est pourquoi la FNEC-FP FO 53 a proposé aux autres organisations représentatives de refuser collectivement ce nouveau dispositif culpabilisant pour les personnels et qui ne répond pas à leurs revendications.

Toutes les organisations ont choisi de participer à l’élaboration de cette fiche réflexe, la FSU précisant même qu’elle serait « dans l’intérêt des collègues ». Nous ne partageons pas cette analyse.

Pour FO, le seul protocole qui vaille, c’est la réponse aux revendications.

La FNEC-FP FO 53 dénonce ce nouvel outil qui ne répond absolument pas à l’intérêt des personnels et appelle tous les collègues à faire valoir leurs droits, avec l’action syndicale et en utilisant les outils et leviers réglementaires existants, notamment : RSST, RDGI, protection fonctionnelle, procédure d’alerte, audiences, signalements.

En réalité, à l’instar du protocole inclusion, cette « fiche réflexe » vise à camoufler :

  • la non-prise en charge des élèves les plus fragiles, et qui parfois ont besoin de soins
  • le non-respect des notifications de la MDA (orientations IME, ITEP, accompagnements AESH),
  • le manque criant de postes (RASED, enseignants référents, PsyEN),
  • la non-reconnaissance des accidents de service,
  • la non-mise en œuvre de la protection fonctionnelle, y compris lorsqu’elle est accordée par la Rectrice.

Force Ouvrière refuse la culpabilisation des personnels et exige des moyens, des protections et le respect des droits.

La seule fiche réflexe, c’est la fiche contact du syndicat qui est votre meilleur allié, toujours réactif, lorsque vous êtes confronté à une situation de violence. Le syndicat qui saura rappeler ses obligations à l’employeur et vous obtenir toute la protection et le respect qui vous sont dûs !

 FO, libre et indépendant !


Bonjour les camarades,

Je vous adresse mes meilleurs vœux militants pour 2026 à celles et ceux à qui je n’ai pas encore eu l’occasion de les transmettre.

Comme vous le savez, notre organisation considère de longue date que la multiplication des groupes de travail a pour effet d’entraver le fonctionnement normal des instances représentatives statutaires, que ce soit le CSA ou, comme ici, la F3SCT.

À ce titre, nous avons été destinataires, comme vous, d’une invitation à participer à un groupe de travail portant sur « l’élaboration d’une fiche synthétique permettant aux personnels d’avoir une vision complète et rapide des modalités d’accompagnement possibles lorsqu’ils sont exposés à la gestion d’une situation complexe » ou « fiche réflexe en cas de situation difficile. »

La FNEC-FP FO 53 n’est pas demandeuse de la tenue de ce groupe de travail. Nous estimons par ailleurs que cette réunion, à l’instar du « protocole inclusion » que FO a refusé, vise une nouvelle fois à permettre au directeur académique de se défausser de ses responsabilités en associant les organisations syndicales à des dispositifs qui relèvent non seulement de ses prérogatives, et qui, de surcroît, se substituent aux leviers syndicaux existants, qu’ils soient statutaires ou non.

Dans un contexte où l’inclusion systématique et indifférenciée place quotidiennement nos collègues dans des situations de souffrance, de culpabilisation et de grande difficulté professionnelle, et où les violences envers les personnels se multiplient, il ne nous apparaît pas acceptable d’accompagner cette fuite en avant.

Aussi, nous vous proposons de décliner collectivement cette invitation et de produire une expression commune sous la forme d’un communiqué.

Nous attendons votre retour avant de travailler une proposition de texte.

Merci par avance,

Bien syndicalement,

Stève Gaudin, secrétaire départemental

Pour les syndicats de la FNEC-FP FO 53

Des dizaines de milliers d’élèves privés d’AESH et d’une scolarisation adaptée

Des dizaines de milliers d’élèves privés d’AESH et d’une scolarisation adaptée

Près de 50000 élèves en situation de handicap n’ont pas l’accompagnement (AESH) auquel ils ont droit !
25000 élèves en situation de handicap n’ont pas accès à l’établissement du médico-social auquel ils ont droit !
Source : MEN et DGESCO

En Mayenne, toujours selon la DGESCO, près de 200 élèves notifiés pour un accompagnement n’auraient pas d’AESH, et nous savons que près de 200 élèves attendent une place dans un établissement médico-social.

Source : Le Monde

Avec les PIAL et désormais les PAS la mutualisation de l’accompagnement des élèves se fait à marche forcée dégradant considérablement les conditions de travail des AESH qui s’occupent parfois de nombreux élèves sur plusieurs établissements.

L’acte 2 de l’école inclusive c’est le démantèlement des établissements spécialisés et la dilution permanente de l’accompagnement des élèves en situation de handicap.

Le SNUDI-FO 53 rappelle ses revendications

  • STOP à l’inclusion scolaire systématique et indifférenciée
  • OUI au respect des besoins de nos élèves en situation de handicap, qu’il s’agisse de soins ou de compensation (accompagnement, orientation, matériel…)
  • STOP à la maltraitance et à la culpabilisation
  • Un vrai statut, un vrai salaire pour les AESH
  • Défense de l’enseignement spécialisé et des établissements spécialisés

Un protocole pour mieux nous culpabiliser !

Un protocole pour mieux nous culpabiliser !

Nos responsables administratifs locaux, en collaboration avec le GDDE (qui nous le rappelons n’a aucune expertise ni légitimité à représenter les collègues) ont publié récemment sur le site de la DSDEN et dans la « Lettre du jeudi” des 30 janvier et 6 février 2025 un protocole détaillant le fonctionnement de la “cellule départementale pour la continuité des parcours des élèves”. Il s’agit en réalité le protocole « d’accompagnement de la prise en charge des élèves en difficultés de comportement » présenté en groupe de travail (GT) le 7 novembre dernier et durant lequel FO avait été la seule organisation à refuser tant sa mise en œuvre que son contenu, qui comme on pouvait s’en douter, dédouane une fois de plus notre employeur de ses responsabilités. Nous avions d’ailleurs, lors de ce groupe de travail, contrairement aux autres syndicats, refusé de participer à son élaboration ou à son évolution.

A lire: le GT protocole du 7 novembre

Juin 2025, plaquette d’information du « protocole d’accompagnement des situations complexes »

Pour le SNUDI-FO, le seul protocole qui vaille, c’est la réponse aux revendications des personnels. FO dénonce à nouveau ce protocole et appelle les collègues à ne pas l’appliquer, et d’utiliser les outils réglementaires à disposition et avec le syndicat, pour faire valoir les revendications (RSST, RDGI, protection fonctionnelle, procédure d’alerte, audience…) !

En réalité, ce protocole est mis en place par notre employeur pour camoufler la non prise en charge de nos élèves les plus fragiles, le non-respect des notifications de la MDA (orientation IME, ITEP… et accompagnements AESH), le manque de postes RASED et d’enseignants référents, de PsyEN…

C’est ce que l’administration avait d’ailleurs reconnu en GT : “ce protocole n’apporte aucune solution”. (CQFD) Il s’agit d’une formalisation à l’écrit de ce qui peut se faire déjà. Les seules nouveautés sont ces cellules départementales “d’appui et d’analyse”, saisies pour les situations les plus complexes.

Pour certaines écoles, l’application de ce type de protocole impliquerait non seulement une responsabilité supplémentaire mais aussi des délais inacceptables face aux situations vécues. Il est indispensable de préserver la liberté d’action des équipes, seules compétentes à évaluer la marche à suivre en fonction des circonstances.

Cependant, à la lecture des actions que se propose de mettre en place cette cellule départementale, on peut fortement douter qu’il y ait des résultats probants :

Mais, au-delà de ces doutes, ce qui nous semble particulièrement grave, c’est que ce genre de démarches fait une nouvelle fois peser la responsabilité de la gestion des situations complexes, d’abord sur les enseignants. En effet, maintenant qu’existe ce protocole formalisé (que seul FO a refusé rappelons le), il est bien évident qu’il sera tout à fait possible d’exiger de le suivre, tout comme de reprocher à postériori de ne pas l’avoir suivi. 

Voilà donc encore une source de culpabilisation pour chacun d’entre nous, alors même que l’Etat poursuit la mise en place de l’Acte 2 de l’Ecole inclusive, avec non plus 100 équivalents temps plein consacrés au développement des PAS mais 500, et la confirmation du plan d’intégration des IME dans les écoles.

D’ailleurs, nos responsables départementaux expriment clairement ce qu’ils attendent de ce protocole : « sortir de la problématique de l’urgence et transformer les situations complexes en situations gérables”. 

On est donc bien dans la politique du « faire avec » : les enseignants sont formés, on leur adjoint des « coachs/conseillers » issus de la destruction des RASED et des établissements médico-sociaux, on implante dans les écoles des Dispositifs d’Auto-Régulation (DAR) où se rendent d’eux-mêmes les élèves en crise … avec un protocole pour les enseignants qu’ils n’ont plus qu’à suivre à la lettre.

Malgré tout cela, chacun ne peut que constater la dégradation de nos conditions de travail et le sentiment que nous avons tous d’être arrivé au bout de ce système. Avec l’école inclusive à tout prix, l’École publique ne peut plus remplir ses missions d’enseignement correctement. 

Selon notre administration, « L’enjeu de ce protocole est de permettre aux équipes éducatives de prendre appui sur une feuille de route pour faire d’une situation complexe un objet de travail collectif et partenarial.’

De qui se moque t-on ? Alors que nous subissons l’école inclusive à marche forcée, que plus de 400 élèves dans notre département attendent un accueil adapté, une compensation matérielle, un AESH, et bien souvent du soin ; on voudrait nous rendre responsables de situations explosives, et en faire un “objet de travail collectif” ! Qui peut accepter cela ?

Pour toutes ces raisons, le SNUDI FO 53 appelle à ne pas tenir compte de ce protocole. D’une part, seules les équipes enseignantes sont à même de déterminer la marche à suivre en fonction des circonstances. Et d’autre part, elles doivent continuer à se protéger et à protéger tous les enfants, y compris ceux auxquels on nie le droit à une scolarité appropriée  ainsi qu’un accès à des soins auxquels ils ont légitimement besoin. 

Dans toutes les situations, le SNUDI-FO 53 continuera d’être uniquement aux côtés des personnels, à les défendre en mettant notre employeur face à ses responsabilités …

Alors ne restez pas seuls et contactez-nous sans attendre que la situation empire et syndiquez vous : c’est le seul protocole qui sera efficace !

Nouveau journal inclusion scolaire

Nouveau journal inclusion scolaire

Chaque année, le SNUDI-FO 53 actualise ses journaux départementaux, fruit du travail militant des collègues mobilisés pour défendre les revendications.

Télécharger le nouveau journal départemental inclusion scolaire

20 ans après la loi Montchamp de 2005  

Seule la FNEC-FP FO a voté contre les décrets d’application de la Loi Montchamp de 2005 lors du Conseil Supérieur de l’Education (CSE) du 20 octobre 2005. 

En février c’était le 20ème anniversaire de la Loi Montchamp sur le Handicap de 2005. Dans l’enseignement, cette loi a introduit un changement de paradigme : tous les enfants et adolescents handicapés sont désormais inscrits et inclus par défaut dans les écoles et les classes ordinaires, les droits aux soins et à un enseignement spécialisé adapté selon la nature et le degré du handicap n’étant plus la norme mais l’exception.

Depuis la mise en place de cette loi, ce n’est plus une commission indépendante composée de professionnels qualifiés qui décide des affectations des enfants handicapés mais une commission départementale présidée par le Conseil départemental. Cela a notamment remis en cause le secret médical et le respect des droits de ces enfants et de leurs familles.

Cette loi a également créé la fonction d’assistant d’Education (AVS) qui s’inscrivait dans le cadre de la loi Borloo dite des « contrats aidés » qui avait pour but de s’attaquer au Code du travail et aux conventions collectives. Malgré quelques avancées parcellaires depuis la création de cette fonction, qui ont abouti aux contrats AESH actuels, le problème de fond demeure : AESH est un emploi pérenne indispensable. Ces personnels doivent pouvoir bénéficier d’un vrai salaire et d’un statut de fonctionnaire.

Dans le même temps, des classes spécialisées ont été fermées, les spécificités d’enseignants spécialisés supprimées, les RASED réduits à peau de chagrin.

L’attaque contre l’enseignement spécialisé initiée par la loi Montchamp de 2005 s’est accentuée au fil du temps avec les décrets Darcos, la loi Peillon, la loi Blanquer… Chacun peut le constater aujourd’hui.

En réalité, l’école inclusive à tout prix, c’est la mise en place d’une politique d’austérité budgétaire radicale, renvoyant aux personnels de l’école la responsabilité de prendre en charge tous les handicaps, toutes les difficultés, tous les troubles, tout en continuant à gérer des classes aux effectifs toujours aussi chargés.

Le SNUDI-FO 53 qui dénonce seul depuis des années l’inclusion scolaire systématique organise tous les ans des stages et des RIS sur cette question. Chaque année les collègues font part de leurs expériences, de leurs difficultés, de leurs attentes, de leur colère et  de leurs revendications. Loi Monchamp, décrets Darcos, loi Peillon, loi Blanquer, actes 1 et 2 de l’école inclusive ; un seul objectif : faire des économies sur le dos des plus fragiles, en fermant les structures et postes spécialisés.

Aujourd’hui, les enseignants spécialisés deviennent des coordonnateurs à qui l’on demande de devenir des VRP de l’école inclusive, les élèves à besoins éducatifs particuliers deviennent des statistiques ! 

Les orientations ministérielles successives sont claires depuis 2013 : transformer les enseignants spécialisés en personnels ressources, limiter et mutualiser l’accompagnement des AESH, au mépris des conditions de travail, et du droit des élèves d’avoir un enseignement adapté à leurs besoins.

Depuis des années, les gouvernements successifs ont, malgré la résistance des professionnels sur le terrain, mis en place des réformes pour que les ULIS et les UPE2A ne soient plus des classes mais des dispositifs, pour tenter de faire disparaître les SEGPA , pour externaliser les classes d’IME et d’ITEP faisant planer davantage encore la menace de la disparition de ces structures ! Aujourd’hui, avec l’acte 2 de l’école inclusive ce plan est mis à exécution. FO refuse et dénonce ces mesures contre la prise en charge individualisée, spécialisée de l’enseignement, de l’éducatif et du médical !

Le SNUDI-FO 53 réaffirme sa position constante :

Oui à la scolarisation adaptée aux besoins des élèves, en milieu ordinaire chaque fois que c’est possible, en établissement spécialisé chaque fois que nécessaire

Non à l’inclusion systématique et indifférenciée 

Le SNUDI-FO 53 est inconditionnellement aux côtés des personnels pour défendre leurs droits et leurs conditions de travail, pour s’opposer à la destruction de l’ASH, de l’enseignement spécialisé, et continuer, envers et contre tout, à revendiquer le maintien et la création des postes d’enseignants spécialisés nécessaires.

Les 29 collègues du conseil syndical du SNUDI-FO 53

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