Projet d’école, évaluation d’école, évaluations nationales, formation formatage : STOP

Projet d’école, évaluation d’école, évaluations nationales, formation formatage : STOP

Le courrier du SNUDI-FO 53

Le 18 mai, le directeur académique a adressé à l’ensemble des professeurs des écoles du département un courrier relatif au projet d’école.

Dans son courrier, le DASEN indique que, si les projets d’école actuellement en vigueur arrivent à échéance à la fin de l’année scolaire 2026-2027, ils peuvent dès à présent être modifiés, notamment pour intégrer les orientations liées à la formation continue imposée dans le cadre des plans français et mathématiques.

Surtout, le DASEN établit un lien direct entre les évaluations d’école et la rédaction des futurs projets d’école en affirmant :

« L’évaluation d’école concourt à définir des orientations stratégiques. De fait, elle constitue une première étape de l’écriture du projet d’école sur la base du diagnostic réalisé et des recommandations formulées. »

Il demande ainsi aux écoles ayant « bénéficié » d’une évaluation cette année de s’engager dans la rédaction de leur nouveau projet d’école.

Le DASEN va même jusqu’à proposer « un soutien méthodologique », via un « groupe départemental avec des inspecteurs, des conseillers pédagogiques et de directeurs » qui transmettra des supports de réflexion et d’aide à la rédaction. Tout un programme !

Le SNUDi-FO 53 alerte depuis longtemps sur l’exploitation des formations imposées et des évaluations d’écoles, désormais articulés totalement avec le projet d’école, les évaluations nationales, et donc le déroulement de carrière et le salaire (promotions PPCR). C’est selon le DASEN, une suite logique, et sur ce point nous lui donnons raison.

Depuis plusieurs années, notre organisation dénonce l’utilisation des évaluations d’école comme un outil de pilotage des équipes et d’accompagnement des réformes gouvernementales. Le courrier du DASEN confirme s’il en était besoin, l’articulation entre :

  • les évaluations d’école ;
  • les projets d’école ;
  • les évaluations nationales ;
  • les dispositifs d’accompagnement PPCR.

Cette logique n’est pas neutre : elle vise à inscrire durablement les orientations ministérielles dans le fonctionnement des écoles et dans l’évaluation des personnels, contre leur statut et leur liberté pédagogique.

Les évaluations d’école ne constituent pas une obligation réglementaire pour les équipes

À ce jour, aucun texte réglementaire n’impose aux professeurs des écoles de participer à une évaluation d’école.

Le SNUDI-FO 53 continue donc de défendre le respect du volontariat des équipes et rappelle qu’il a déjà fait adopter en F3SCT un avis demandant explicitement que ce principe soit respecté.

L’article L.401-1 du Code de l’éducation prévoit : « Dans chaque école d’enseignement scolaire public, un projet d’école est élaboré avec les représentants de la communauté éducative. Le projet est adopté, pour une durée comprise entre trois et cinq ans, par le conseil d’école sur proposition de l’équipe pédagogique pour ce qui concerne sa partie pédagogique. »

En revanche, ce texte ne subordonne pas l’élaboration du projet d’école à une évaluation d’école préalable.

Le DASEN, dans sa grande bonté, précise comme chaque année que « les équipes enseignantes disposeront de 6 heures banalisées dans les 18 heures annuelles d’animation/formation. » oubliant que ces accompagnements collectifs PPCR que sont les évaluations d’école, ne sont pas de la formation.

Pour le SNUDI-FO 53, les 18 heures d’animations pédagogiques ne peuvent devenir un réservoir de temps destiné à imposer la rédaction des projets d’école

Le SNUDI-FO 53 rappelle qu’il n’existe aucune disposition réglementaire imposant aux enseignants de consacrer ces heures à la rédaction du projet d’école. Les personnels conservent leurs droits dans le cadre de leurs obligations réglementaires de service.

L’imbrication entre évaluations d’école, projets d’école, formations imposées et PPCR poursuit un objectif clair : renforcer le pilotage des équipes par les objectifs ministériels au détriment de leur liberté pédagogique et de leurs conditions de travail. Il s’agit bien de la mise au pas des personnels des écoles.

Les collègues n’ont pas besoin de nouvelles procédures de contrôle ou d’accompagnement. Ils ont besoin de postes, de moyens, de temps et de salaires décents.

Le SNUDI-FO 53 revendique :

  • l’abandon des évaluations d’école ;
  • l’abandon des évaluations nationales ;
  • l’abandon du PPCR ;
  • l’arrêt des suppressions de postes et la restitution des postes supprimés ;
  • une augmentation des salaires : rendez-nous les 33% de la valeur du point d’indice perdue depuis 2000 et augmentez les grilles indiciaires

Le SNUDI-FO 53 a donc déjà interpellé le DASEN par courrier et invite l’ensemble des équipes à mettre en discussion l’appel adopté par les adhérents du syndicat et à prendre position par une motion d’école ou une motion inter-écoles (écoles d’un même secteur)

Les adhérents du SNUDI-FO 53 ont adopté l’appel suivant :

« Si le gouvernement continue de nous mépriser et d’ignorer nos revendications, il prendra la responsabilité d’une grève longue et massive à la rentrée de septembre.
Pas de réponse aux revendications ? Pas de rentrée scolaire ! »

Archives projet d’école

Archives projet d’école

26.05.2015

APRES LA LAISSE, LE COLLIER ETRANGLEUR ?

Les écoles ont reçu la semaine dernière un courrier de notre DASEN préférée concernant « le bilan d’étape du projet d’école » (lire ICI). Le ton y est martial ; on sent bien poindre l’urgence : l’avenir du système éducatif est en jeu. La récente Légion d’Honneur de Madame Deloustal serait-elle pour quelque chose dans cette production d’écrit digne d’un chef de corps de l’Armée de terre ? Se sentirait-elle pousser le bicorne ?

Mais avant de gloser, regardons les choses de plus près.

Pour tenter de donner un peu de fondement réglementaire à son exigence, avec un viril petit coup de menton, notre fraîchement empanachée nous sert un extrait du code de l’Education.

Et ça tombe plutôt à plat.

D‘abord, vraisemblablement soucieuse de trop vite et de trop bien faire, notre récemment adornée se prend les pieds dans le ruban en se trompant de texte. C’est l’article D411-2 du Code de l’éducation, et non celui évoqué, qui traite des attributions du conseil d’école.

Ensuite, la loi n° 2013-595 du 8 juillet 2013 n’a en rien modifié un passage du code de l’education qui existait bien avant, depuis 2008, au moins. Riende neuf, donc.

Enfin, s’il est bien demandé au directeurd’évoquer enfin d’année scolaire le « bilan sur toutes les questions dont a eu à connaître le conseil d’école, notamment sur la réalisation du projet d’école,[…] », il n’est nulle part question de rapport à renvoyer à l’IEN ou à l’IA, et ced’autant moins que ce bilan est établi « à l’intention des membres du conseil d’école ». Pas question a fortiori de tableau casse-tête plein de jargon jargonnant à remplir, chronophage pour les directrices et directeurs ( Mmmh… »les observables »).

Quelle que soit sa bienveillance à notre égard, bienveillance dont personne ne saurait douter et que beaucoup ont pu apprécier depuis plus de 5 années maintenant, notrenouvellement enguirlandée nous invente, peut-être par ennui, caprice ou zèle empressé, de nouvelles obligations peu conformes aux textes officiels.

Ne pouvant la laisser se fourvoyer, le SNUDI-FO 53 a décidé de l‘informer dans une lettre, de son erreur et de notre appel syndical aux écoles à ne RIEN RENVOYER.

Et comme on disait avant la réforme du collège : « Errare humanum est, perseverare diabolicum ».

Moralité : on ignore. Assez de paperasse inutile ! On a autre chose à faire de plus important pour la bonne marche de l’école et la scolarité de nos élèves (surtout en fin d’année) !

Au risque de nous mêler de ce qui ne nous regarde pas, à la place des IEN, nous serions inquiets. Le courrier n’est pas adressé sous leur couvert. Ils n’apparaissent même pas comme destinataires d’une copie. C’est le cabinet qui adresse directement le courrier aux écoles, par dessus leur tête, comme s’ils n’existaient pas.

Seraient-ils tout juste bons à ramasser et à noter les copies ?

Faut-il voir dans la forme du courrier, comme dans la liste des destinataires oubliés, un nouveau témoignage de la morgue érigée en méthode de « gouvernance » de l’éducation nationale dans ce département ?

Les relations humaines dans « l’entreprise Education Nationale » ne sont décidément plus ce qu’elles étaient.

Consignes du syndicat :

– On ne remplit pas, on ne renvoie pas, on ignore.

– S’il y a relance de la part des IEN, répondre que c’est une consigne syndicale qui s’appuie sur les textes officiels.

Courrier de Mme Deloustal aux écoles

article Ouest-France 8 mai 2015

lettre du SNUDI-FO 53 à la DASEN

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