PROJET D’ECOLE

26.05.2015

APRES LA LAISSE, LE COLLIER ETRANGLEUR ?

Les écoles ont reçu la semaine dernière un courrier de notre DASEN préférée concernant « le bilan d’étape du projet d’école » (lire ICI). Le ton y est martial ; on sent bien poindre l’urgence : l’avenir du système éducatif est en jeu. La récente Légion d’Honneur de Madame Deloustal  serait-elle pour quelque chose dans cette production d’écrit digne d’un chef de corps de l’Armée de terre ? Se sentirait-elle pousser le bicorne ?

Mais avant de gloser, regardons les choses de plus près.

Pour tenter de donner un peu de fondement réglementaire à son exigence, avec un viril petit coup de menton, notre fraîchement empanachée nous sert un extrait du code de l’Education.

Et ça tombe plutôt à plat.

D‘abord, vraisemblablement soucieuse de trop vite et de trop bien faire, notre récemment adornée se prend les pieds dans le ruban en se trompant de texte. C’est l’article D411-2 du Code de l’éducation, et non celui évoqué, qui traite des attributions du conseil d’école.

Ensuite, la loi n° 2013-595 du 8 juillet 2013 n’a en rien modifié un passage du code de l’education qui existait bien avant, depuis 2008, au moins. Riende neuf, donc.

Enfin, s’il est bien demandé au directeurd’évoquer enfin d’année scolaire le « bilan sur toutes les questions dont a eu à connaître le conseil d’école, notamment sur la réalisation du projet d’école,[…] », il n’est nulle part question de rapport à renvoyer à l’IEN ou à l’IA, et ced’autant moins que ce bilan est établi « à l’intention des membres du conseil d’école ». Pas question a fortiori de tableau casse-tête plein de jargon jargonnant à remplir, chronophage pour les directrices et directeurs ( Mmmh… »les observables »).

Quelle que soit sa bienveillance à notre égard, bienveillance dont personne ne saurait douter et que beaucoup ont pu apprécier depuis plus de 5 années maintenant, notrenouvellement enguirlandée nous invente, peut-être par ennui, caprice ou zèle empressé, de nouvelles obligations peu conformes aux textes officiels.

Ne pouvant la laisser se fourvoyer, le SNUDI-FO 53 a décidé de l‘informer dans une lettre, de son erreur et de notre appel syndical aux écoles à ne RIEN RENVOYER.

Et comme on disait avant la réforme du collège : « Errare humanum est, perseverare diabolicum ».

Moralité : on ignore. Assez de paperasse inutile ! On a autre chose à faire de plus important pour la bonne marche de l’école et la scolarité de nos élèves (surtout en fin d’année) !

Au risque de nous mêler de ce qui ne nous regarde pas, à la place des IEN, nous serions inquiets. Le courrier n’est pas adressé sous leur couvert. Ils n’apparaissent même pas comme destinataires d’une copie. C’est le cabinet qui adresse directement le courrier aux écoles, par dessus leur tête, comme s’ils n’existaient pas.

Seraient-ils tout juste bons à ramasser et à noter les copies ?

Faut-il voir dans la forme du courrier, comme dans la liste des destinataires oubliés, un nouveau témoignage de la morgue érigée en méthode de « gouvernance » de l’éducation nationale dans ce département ?

Les relations humaines dans « l’entreprise Education Nationale » ne sont décidément plus ce qu’elles étaient.

Consignes du syndicat :

– On ne remplit pas, on ne renvoie pas, on ignore.

– S’il y a relance de la part des IEN, répondre que c’est une consigne syndicale qui s’appuie sur les textes officiels.

Courrier de Mme Deloustal aux écoles

article Ouest-France 8 mai 2015

lettre du SNUDI-FO 53 à la DASEN

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