Refonte des 108 heures
Le piège ministériel de « l’autonomie des équipes » !
Pour le SNUDI-FO, pas question d’accompagner la déréglementation de nos obligations statutaires !
Comme nous l’indiquions dans notre précédent article consacré au groupe de travail ministériel sur la refonte des 108 heures, le ministère entend modifier les obligations réglementaires de service des professeurs des écoles en introduisant des fourchettes horaires dans la répartition des 108 heures annualisées.
Le projet prévoit notamment :
De 24 à 42 heures d’APC ;
De 36 à 48 heures de travaux en équipe ;
De 18 à 30 heures de formation continue !
Pour faire accepter cette remise en cause du cadre national, le ministère avance un argument bien connu : davantage de « souplesse » et d’« autonomie » pour les équipes pédagogiques, qui pourraient désormais décider localement de la répartition de leurs heures.
Mais derrière cette prétendue liberté se cache un véritable piège !
Qui décidera réellement ? Les équipes ou les IEN ?
Le ministère prétend donner davantage de liberté aux conseils des maîtres, mais les IEN conserveraient un pouvoir de validation sur la répartition retenue.
Que se passera-t-il lorsqu’une équipe ne parviendra pas à un accord ? Lorsque l’IEN refusera une répartition ? Lorsque l’administration entendra imposer davantage d’heures de formation en s’appuyant sur les résultats des évaluations nationales ou les préconisations des évaluations d’école ?
Les enseignants connaissent déjà les conséquences de cette prétendue autonomie avec les constellations, les résidences pédagogiques ou les évaluations d’école : sous couvert d’accompagnement et de décisions collectives, les prescriptions institutionnelles finissent bien souvent par s’imposer aux équipes.
La réalité est donc bien éloignée de la liberté annoncée !
Revendiquer le libre choix des équipes dans le cadre des fourchettes : une fausse bonne idée !
Face à ce projet, certains en viennent à revendiquer que les équipes puissent décider elles-mêmes de la répartition des 108 heures.
Cela peut paraître séduisant. Qui ne souhaiterait pas disposer de davantage de liberté dans l’organisation de son travail ?
Mais c’est précisément là que se situe le piège tendu par le ministère !
En réalité, revendiquer le libre choix des équipes sans exiger l’abandon des fourchettes revient à accepter implicitement le cadre de la réforme, pour ne discuter finalement que des modalités de sa mise en œuvre.
Autrement dit, le débat ne porterait plus sur le maintien de nos obligations statutaires nationales, mais sur la question de savoir qui décidera localement de leur répartition !
On ne combat pas une déréglementation en revendiquant le droit de choisir localement comment elle s’appliquera !
Vers une territorialisation de nos obligations de service !
Avec ce projet, deux écoles, deux équipes, voire deux circonscriptions pourraient se voir appliquer des répartitions différentes des 108 heures.
Cette logique n’est pas sans rappeler celle des rythmes scolaires, où les décisions prises localement conduisent déjà à des conditions de travail différentes pour des enseignants relevant pourtant du même statut national.
Demain, la répartition de nos obligations de service dépendrait-elle des orientations de chaque IEN, des résultats aux évaluations nationales ou des projets pédagogiques imposés localement ?
C’est bien le risque d’une territorialisation et d’une déréglementation de nos obligations de service qui se dessine.
Pour le SNUDI-FO : abandon du projet ministériel !
Le SNUDI-FO refuse de rentrer dans cette logique.
Il ne s’agit pas de négocier qui décidera de la répartition des fourchettes ministérielles, mais bien d’exiger leur abandon !
Le SNUDI-FO revendique :
L’abandon du projet ministériel de refonte des 108 heures ;
Le maintien d’un cadre réglementaire national commun ;
Le respect des obligations réglementaires de service des professeurs des écoles ;
Le retour à une formation continue choisie, sur le temps de classe, avec remplacement.
La défense de nos conditions de travail ne peut passer par l’accompagnement de leur déréglementation.
Non aux fourchettes ministérielles ! Non à la territorialisation de nos obligations de service !
