Suppression d’un poste d’infirmière en Mayenne : pour FO c’est non !

Suppression d’un poste d’infirmière en Mayenne : pour FO c’est non !

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La FNEC-FP FO 53 a appris la suppression d’un poste d’infirmière scolaire (INFENES) implanté au collège de Grez-en-Bouère. En réalité, il s’agit d’une réorganisation opérée par le directeur académique Fabien Audy, suite à une décision prise par la Rectrice le 18 mars 2025 en CSA*. C’est lors d’une réunion départementale le 19 janvier dernier, que notre collègue infirmière, rattachée au collège de Grez-en-Bouère a appris brutalement la suppression de son poste, sans aucun ménagement, et sans que les organisations syndicales représentatives des personnels en soient informés ! 

FO n’accepte pas cette suppression de poste, ce nouveau passage en force, et ne laissera pas faire !
Pour le président Macron, la santé mentale est une grande cause nationale ; vraiment ?

La situation est déjà alarmante : un nombre croissant de jeunes est touché par des problématiques de santé mentale, avec des troubles de plus en plus lourds, étroitement liés au contexte social et à la généralisation de l’inclusion scolaire sans moyens suffisants. Cette réalité intervient alors que la situation est déjà extrêmement tendue, marquée par un manque criant de moyens humains : médecine scolaire, psychologues, RASED, assistants sociaux…

La FNEC-FP FO 53 rappelle que la Mayenne est un département rural et le troisième désert médical de France, dans lequel une personne sur trois n’a pas de médecin traitant. Certains de nos élèves n’ont pour seuls contacts avec un personnel médical que ceux qu’ils ont avec leur infirmière scolaire. Personne n’ignore que nos écoles et nos établissements scolarisent des élèves en situation de handicap et un certain nombre d’élèves en situation de précarité sociale. Inutile de rappeler que notre département fait face à un manque cruel de professionnels de santé (médecins généralistes, pédiatres, pédopsychiatres, dentistes, ophtalmologistes…).

Pour la FNEC-FP FO 53 cette décision va venir renforcer cette rupture d’égalité des droits, puisqu’elle va impacter également tous les autres élèves et leurs familles du secteur de collège de Grez-en-Bouère. Ainsi ce sont aussi au moins 9 écoles, leurs personnels, leurs élèves et leurs familles qui seront directement impactés par cette suppression.

La situation est tout aussi chaotique dans la santé et dans le médico-social, comme en atteste l’actualité. Ces secteurs pour lesquels parfois le suivi d’orientation vers un médecin notamment est impossible, tout comme il est impossible d’apporter une réponse aux enfants et aux familles faute de moyens. Les centres de consultation (CMP) ne peuvent plus accueillir les premières demandes de soin, l’unique service d’hospitalisation de pédopsychiatrie (USISEA) ne peut pas répondre aux besoins urgents.

La FNEC-FP FO 53 refuse que des choix d’orientations politiques se fassent au détriment des agents infirmiers, de l’ensemble des personnels et des élèves, qui plus est pour des raisons budgétaires, alors qu’il y a toujours plus d’argent pour l’armée, pour la guerre et pour les cadeaux fiscaux aux grandes entreprises.

« Redéploiements » « réorganisations » ? Comme à l’Hôpital, FO refuse ces éléments de langage. Sous couvert de novlangue technocratique, c’est en réalité de suppressions de postes dont il s’agit. En réalité c’est une infirmière déplacée et un poste supprimé au niveau départemental ! 

La FNEC-FP FO 53 défend les services médicaux et sociaux de l’Éducation nationale et exige que ses revendications soient satisfaites. D’ores et déjà, FO prend contact avec les autres organisations syndicales du département pour mettre en échec cette suppression de poste et décider des moyens d’action pour 

– Abandon de la suppression de poste au collège de Grez-en-Bouère 
– Augmentation du nombre de postes d’INFENES pour répondre aux besoins
– Maintien du statut et des missions des infirmiers abrogation de la loi 3DS

* Lors de ce Comité Social D’Administration, tous les syndicats (FO, FSU, CGT) avaient voté contre cette mesure, sauf la CFDT qui s’est abstenue et l’UNSA qui a voté POUR. 

FNEC-FP FO 53, syndicats FO de l’enseignement, de la culture et de la formation professionnelle
6 rue Souchu Servinière, 53000 Laval
06 52 32 30 45 – @ : fnecfpfo53@gmail.com 

Refondation de la santé scolaire à marche forcée

Refondation de la santé scolaire à marche forcée

Reçue le 8 décembre par les conseillers du Ministre GEFFRAY, notre fédération a pu constater une nouvelle fois que la mise en oeuvre des mesures issues des assises s’effectuait alors même que le cadre national annoncé par le ministère lui-même n’est pas encore adopté ! Ainsi :

➢ Des académies ont autorisé officiellement l’établissement de PAP sans visa du médecin scolaire contrairement au décret le rendant obligatoire
➢ Des académies ont déjà mis en oeuvre le pôle départemental bien être santé et protection de l’enfance et commencé en son sein à établir feuilles de route et conventions sans même attendre la nouvelle circulaire de politique éducative sociale et de santé.
➢ Le recrutement des Conseillers techniques référent en santé mentale a commencé dans les départements depuis l’été 2025. Ce qui est constaté c’est la diversité des modalités de recrutement :
o Parfois il s‘agit de titulaires, parfois de contractuels
o Parfois il s‘agit de Psy EN, parfois de psychologues hors EN, parfois de personnels non diplômés
en psychologie comme dans les Pyrénées Atlantiques où c’est l’adjointe au maire de Pau, sans
aucun diplôme en psychologie, qui a été nommée à ce poste !
o La variété des fiches de postes de cette nouvelle fonction : parfois le Conseiller Technique est sous l’autorité du DASEN, parfois sous l’autorité de la CT Infirmière. Parmi les tâches qui lui sont dévolues nous trouvons « l’animation du réseau des PsyEN EDA EDO sur le sujet de la santé mentale (…) En collaboration étroite avec les autres CT, développement et consolidation des partenariats avec les structures extérieures à l’éducation nationale (…) Participation aux initiatives mises en place dans le cadre de gestion des situations de crise, en particulier les cellules d’écoute ». Donc des missions qui d’une part dépassent largement la question de la santé mentale et qui d ‘autre part interfèrent avec les missions confiées aux directeurs de CIO, aux IEN et IEN IO.

Force est de constater que les raisons mises en avant par notre fédération pour expliquer notre boycott des « Assises » sont hélas pleinement renforcées par les constats du terrain : les pôles départementaux sont l’outil de remise en cause, in fine, de nos statuts et missions dans le cadre national.

Le ministère continue d’organiser des groupes de travail chargés de penser le contenu des nouvelles dispositions. Notre fédération a décidé de ne pas y participer dans la mesure où ces groupes de travail ne constituent pas des lieux de négociation basées sur les revendications des personnels mais se révèlent être uniquement une instance de mise en oeuvre de la réforme.

Pire, le ministère a choisi les organisations syndicales pour présenter sa dernière mouture relative au projet de nouvelle circulaire de la politique éducative sociale et santé ! Contrairement aux règles de représentativité qu’il a lui-même fixés, le ministère a choisi de rencontrer uniquement les syndicats dits majoritaires et non ceux dits représentatifs : un déni de démocratie inacceptable.

Le projet de circulaire présenté par le ministère concentre toutes les inquiétudes déjà émises par notre fédération : mention de problématiques prioritaires et donc exclusives de beaucoup d‘autres, disparition des notions d’accueil, d’écoute et d’accompagnement, articulation avec les collectivités territoriales via les COTER (contrat d’objectifs territoriaux) et les CLSM (conseil local de santé mentale) propice à la mutualisation des moyens, mention des missions communes et des missions partagées

Quant aux pôles départementaux, la définition des missions de chaque conseiller technique pour établir ce qui relève des missions propres, des missions partagées, des missions communes, indique clairement la volonté, déjà exprimée par le ministère, de mutualiser et de permuter les fonctions comme si les personnels de la santé scolaire étaient interchangeables

C’est dans ce contexte qu’a été annoncée, la création de 300 postes pour les personnels de santé hors médecins scolaires. En l’absence de tout poste supplémentaire depuis 4 ans, ce projet s’il aboutissait (à confirmer après adoption du PLF 2026) succèderait à des années de disette. Cela dit, ces créations s’inscriraient dans une orientation réaffirmée à moult reprises par le ministère : le déploiement dans le 1er degré considéré comme prioritaire. Rappelons qu’il y a 1 379 circonscriptions regroupant plusieurs écoles pour chacune d’elles. A raison d’une création fictive par département on ne voit pas comment ces créations seraient à mêmes de permettre l’intervention des personnels de santé scolaire dans le 1er si ce
n’est au détriment du second degré. Sans oublier :
o la baisse des postes offerts aux concours de PsyEn en diminution constante : 56 postes en moins en 2026/2025, baisse de 30% depuis 2017 !
o la vacance de 40% des postes de médecins scolaires
o des vacances de postes aussi au service social et service infirmier

Pire : cette refondation va imposer un cadre contraignant aux personnels en les obligeant à répondre aux injonctions des pôles départementaux eux-mêmes soumis aux diktats des indicateurs de performance inclus dans les feuilles de route.

L’ensemble des syndicats de la FNEC FP FO dénonce la remise en cause du cadre national des statuts et des missions et revendiquent- comme ils l’ont réaffirmé en congrès fédéral en décembre 2025 :
o Le droit à la visite médical et l’obligation pour le gouvernement d’en assurer l’effectivité
o Le maintien du cadre national des missions et des statuts
o Son opposition aux référents en tout genre (EVARS, Santé mentale…)
o Le recrutement massif des personnels de santé scolaire
o L’abrogation de toutes les mesures issues des « assises de la santé scolaire »

Et rappelle :
o L’urgence de débloquer des moyens en pédopsychiatrie
o La nécessité de redonner les moyens à la Sécurité Sociale de financer les déplacements pour tous ceux qui ne peuvent assurer les trajets permettant des consultations aux CMP et autres lieux de soin
o La nécessité de redonner les moyens à l’hôpital pour augmenter les places en pédopsychiatrie et
en finir avec les listes d’attente

Montreuil, le 13 janvier 2026

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