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La délégation FO (4): Evelyne Le Fellic, Cécile Pichon, Jennifer Guihal et Lucie Bois (représentante des PES)
Les autres syndicats: SnuiPP-FSU (3), CGT (2), SE-UNSA (1)
Pour l’administration : Le DASEN, Monsieur Audy ; l’IEN adjoint au DASEN, Monsieur Drault ; la cheffe des services PRHAG, Mme Bellanger ; la conseillère pédagogique et responsable du Plan départemental de formation, Sandrine Hubert ; la conseillère pédagogique départementale “numérique”, Anne Muller.
Invités: Le directeur de l’INSPE Monsieur Lemaile, absent, excusé et remplacé par Linda Chevreuil, formatrice à l’INSPE ; Valérie Gérolami, directrice de l’école d’application G.Tillon de Laval.

Document de travail fourni par l’administration : Bilan du PDF 2025-26

Notes : FO avait voté en CSA  contre le schéma directeur de la formation continue 2022-2025, puisque nous revendiquons une formation continue choisie qui réponde aux demandes et besoins des personnels. Or, dans le schéma proposé par le ministère, les formations proposant des contenus disciplinaires sont quasi inexistantes au profit de formations institutionnelles à public désigné qui pourraient être proposées, voire imposées dans le cadre de l’accompagnement PPCR. Cela fait écho aux évaluations d’école et à la logique managériale mise en place à travers les mesures du “Grenelle Blanquer” ou encore PPCR. 

Ces « résidences pédagogiques », déjà expérimentées dans d’autres départements, consistent en la visite dans une école, pendant plusieurs jours consécutifs de l’IEN, des conseillers pédagogiques, de maîtres formateurs, parfois de membres du RASED, plusieurs jours pendant lesquels on tente d’imposer aux personnels des visites au sein de leur classe et des réunions à n’en plus finir !

Ce nouveau dispositif d’accompagnement démontre que les évaluations nationales et les évaluations d’école sont un instrument de flicage et de pressions permanentes sur les personnels avec une remise en cause de notre liberté pédagogique, de nos obligations statutaires !

Le SNUDI-FO 53 rappelle que ce dispositif n’a aucun caractère obligatoire et appelle les PE du département à refuser ces dispositifs découlant « l’accompagnement » mis en place par PPCR et à faire respecter leur statut et leurs obligations de service avec le syndicat.

Cette année, le rappel de nos droits a donc plus que jamais été indispensable. En effet, à partir de 2026-27, nous repartons sur un nouveau cycle de formations institutionnelles qui tend à restreindre un peu plus notre libre choix de formation et à détourner des heures de nos ORS, voire nous rajouter des heures 

Ce nouveau cycle consiste en un plan de formation sur 4 ans, différent pour chaque école, en principe élaboré à partir des demandes des équipes enseignantes, dans une liste cependant contrainte,  et des “besoins” repérés par nos responsables administratifs. Il faut comprendre par là les besoins repérés à partir des résultats aux évaluations nationales. Le SNUDI-FO 53 met en garde depuis longtemps contre la véritable finalité de ces évaluations standardisées, qui est de faire porter toute la responsabilité des difficultés scolaires sur les seuls enseignants, indépendamment des politiques menées. En fonction de ces résultats, les directeurs, catapultés pilotes pédagogiques par la loi Rilhac, sont donc invités à solliciter la nouvelle modalité de l’acte II des plans français-maths, la résidence pédagogique.

Ces « résidences pédagogiques » peuvent être massées sur une semaine ou filées, tout au long de l’année. Comme pour les constellations, le temps consacré à ces résidences occuperait l’intégralité des 18h de formation, et 12h d’accompagnement :  

  • une journée de classe avec visites de vos “accompagnants”
  • 6h d’analyses, bilans et perspectives diverses,  prises sur le reste de nos obligations de service, en privilégiant les conseils des maîtres; 

Exemple donné en réunion de directeurs (Laval 1)

La délégation FO est intervenue pour rappeler que les conseils des maitres n’étaient pas un temps de formation et que nos 48h forfaitaires (Conseils des maitres, Conseils de cycles, RDV parents, équipes éducatives..) étaient déjà largement dépassées. Le DASEN en a convenu mais compte sur notre “inventivité” et notre “intelligence collective” pour que cela fonctionne ! 

Les résidences pédagogiques  s’ajouteront aux constellations, une de ces 2 modalités au moins devant être programmée sur les 4 ans à venir. La résidence pédagogique serait plutôt laissée à l’initiative des directeurs (mais on pourra aussi leur suggérer), alors que les constellations restent décidées par la DSDEN. Les 2 peuvent bien sûr se succéder ou se répéter.

Exemples de plan sur 4 ans pour différents types d’écoles : jugez vous même !

Comme on peut le voir, la catégorie “autres champs” étant elle-même très contrainte, il reste dans l’esprit de l’administration bien peu d’heures librement choisies par les enseignants, d’autant que se poursuivent les formations EVAR et un nouveau cycle pour l’école inclusive.

Comme il le fait chaque année, le SNUDI-FO 53 interviendra pour défendre tout collègue qui souhaiterait choisir librement ses 18h de formation et ne participer ni aux constellations ni aux résidences pédagogiques. Le DASEN a d’ailleurs une nouvelle fois reconnu que les visites des CPC ou la venue dans une classe de collègues “observateurs” ne pouvaient être imposées.

Le SNUDI-FO 53 a été, est et sera à vos côtés pour faire respecter votre statut, et vous rappelle également que chaque PE peut déduire 9 heures de ses heures de formation (peu importe, institutionnelle ou non) en participant aux nombreuses Réunions d’Information Syndicale (RIS) organisées chaque année par le syndicat majoritaire du département.

– Formation préalable à l’inscription sur la liste direction d’école (LADE)

Rappel : cette inscription concerne maintenant tous les collègues souhaitant avoir à titre définitif un poste de directeur ainsi que les directeurs d’école dont la liste d’aptitude date de plus de trois ans.

19 collègues ont participé à 3 jours de formation en janvier 2026.

– Formation initiale des directeurs:

Cette formation a concerné 6 enseignants inscrits sur une durée de 3 semaines

– Formation continue des directeurs:

L’administration précise dans son bilan que le choix des modules et du contenu se fait “en lien avec le GDDE”. Pour rappel, les GDDE, groupes départementaux de directeurs d’école, sont une des réponses proposées institutionnellement après le suicide de Christine Renon. Ces groupes sont censés permettre aux directeurs d’“évoquer les problèmes communs et de trouver les solutions applicables”. Ils sont constitués de directeurs “représentatifs”, selon nos responsables administratifs et certains syndicats. En dehors de ces modules d’une journée, le restant de formation des directeurs est constitué par 4 x 1h30 de “regroupements en circonscription”, qui sont donc des réunions avec l’IEN et pas de la formation. Le SNUDI-FO rappelle donc à nouveau que ces réunions avec les IEN ne peuvent pas être présentées comme obligatoires.

– Formation des directeurs “faisant-fonction” et chargés d’école : 

Elle consiste en 2 jours de formation en début d’année et un module de la formation continue (1 journée remplacée) ainsi que les mêmes 4 x 1h30 de regroupement en circonscription. 16 collègues ont été formés en 2025-26.

Les collègues concernés par l’ouverture d’une UEMA à l’école Chant d’Oiseau de Château-Gontier auront une formation de 3 semaines au mois de juin.

Plus généralement, le DASEN insiste sur la mise en place de formations inter-catégorielles, 1er et 2nd degré et avec des intervenants de secteurs autres que celui de l’Education nationale. Ceci est à relier à la mise en place des PAS (Pôles d’appui à la scolarité) et à l’acte II de l’Ecole inclusive qui vont obliger de plus en plus à des formations communes, en particulier avec le secteur médico-social.

Pour cette année et les années suivantes, le nombre de départs prévu est de 5, et ils seront uniquement accordés à des collègues exerçant en ULIS, tant que ceux-ci ne sont pas tous formés.

Le renforcement de cette liaison CM2-6ème est une priorité du DASEN, qui la présente comme un instrument de lutte contre le passage de l’école primaire publique au collège privé. La formation dans le cadre des LEC doit concerner cette année 12 écoles/collèges, 11 étant déjà été réalisées. 

En 2025-26, 122 PE ont déduit 6h de leur 18h de formation dans le cadre des évaluations d’école. Si on comprend que les collègues profitent de cette déduction de 6 h, petite “carotte” qui a été donnée pour faire passer une partie du temps perdu pour réaliser ces évaluations d’école,  le SNUDI-FO réaffirme que ce n’est pas  de la formation et que donc ces collègues perdent 6 h de leur droit à être  formés. D’ailleurs, on voit que le “succès” est tout de suite moins évident sans cette “carotte” car l’administration n’a de nouveau aucun chiffre à proposer pour la réalisation du bilan de l’évaluation d’école en N+1. FO rappelle qu’aucun texte réglementaire n’est jamais venu confirmer le caractère obligatoire de ces évaluations d’école. Le seul texte sur lequel s’appuie l’administration est la loi Blanquer créant un Conseil d’évaluation de l’École, organisme menacé de disparition du fait des restrictions budgétaires et de doutes des Sénateurs sur son utilité ! Chaque école a donc la possibilité de refuser ces évaluations et toutes les écoles que nous avons accompagnées ont eu jusqu’ici gain de cause. 

FO a toujours été opposée aux évaluations d’écoles et d’établissements qui n’amènent que confusion des statuts, des corps et des missions, en imposant une logique totalement managériale.

FO combat ces contre-réformes « managériales » qui ont pour seul objectif de mettre au pas les personnels qui refusent la dégradation de leurs conditions de travail.

Le SNUDI-FO 53 rappelle également que près d’une quarantaine d’écoles ont déjà pris position contre les évaluations d’école en Mayenne, et invite les écoles qui ne l’auraient pas encore fait, à se saisir de ce levier intersyndical.

Signer l’appel départemental SNUDI-FO – SNUIPP-FSU – CGT

Pas de nouvelles écoles prévues pour la prochaine rentrée. Le total reste donc de 10 écoles sur le département (avec comme conséquence une multiplication des “postes à profil” retirés d’une libre candidature au mouvement intra-départemental). Le DASEN est intervenu pour présenter ces écoles comme “plus qualitatives” et donc comme permettant de lutter contre une concurrence de l’école privée.

Le directeur académique a profité de ce GT pour faire un retour sur un questionnaire proposé à nos collègues AESH. L’enquête étant à l’initiative de l’administration, les résultats sont donc sans surprise tout à fait satisfaisants. La délégation FO a rappelé que les retours que nous avions étaient moins dithyrambiques, et pointaient particulièrement la lourdeur  de ces 60h massées sur la 1ère année ainsi que les difficultés en termes de gardes d’enfants et de frais de déplacements.

22 P.E.S sont formés cette année, dont 3 sont en classe à 50% et à l’INSPE pour préparer le DIU (Diplôme Inter Universitaire) Entrée dans le métier.

La représentante FO pour les PES a fait remonter, d’après les quelques réponses qu’elle avait reçues, une satisfaction de cette formation proposée par l’INSPE et de l’accompagnement des maîtres  d’accueil et conseillers pédagogiques.

A la prochaine rentrée commencera la réforme de la formation initiale. La nouvelle licence LPE (Professorat des Écoles) accueillera 18 étudiants, mais des étudiants de Master MEEF continueront à être formés également. Il y aura donc coexistence de différents profils : les lauréats du concours niveau master seront comme cette année en classe à 100 % ou 50 % ; les étudiants en L1 auront quant à eux 10 semaines de stages d’observation.

Si FO se félicite que le concours soit de nouveau placé au niveau licence, ce que nous demandions depuis longtemps, nous continuons de dénoncer le maintien de la mastérisation et la mise en place de cette licence spécialisée. Sur beaucoup de points contestables, les réponses dont dispose actuellement l’INSPE sont très vagues : y aura-t-il un concours particulier à l’issue de cette licence, ce qui serait une atteinte à l’égalité des candidats ? Quelles seront les possibilités de reconversion en cours de licence/de master et en cas d’échec au concours ? Quelle conséquence pour les étudiants de M1 qui ne pourraient pas poursuivre en M2 ? Rien ne semble réellement envisagé et cette réforme parait lancée avec une grande impréparation.

Enfin, concernant les congés de formation professionnelle, le DASEN s’étonne du faible nombre de demandes et annonce qu’il est encore possible de déposer des dossiers. 

Evelyne Le Fellic, Cécile Pichon, Jennifer Guihal et Lucie Bois pour le SNUDI-FO 53