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Le budget Lecornu, passé en force au moyen de l’article 49-3, s’attaque frontalement à l’Ecole publique avec la suppression de 3 256 postes d’enseignants, dont 1 891 dans le 1er degré. A la rentrée 2025, les 470 suppressions de postes du budget Bayrou s’étaient traduites par 5000 fermetures de classes dans les écoles. Pour la rentrée 2026, c’est 4 fois plus de suppressions de postes qui sont actées…

Cette saignée inédite sera aggravée par la généralisation des pôles d’appui à la scolarité (PAS). Un PAS est constitué d’un enseignant et d’un éducateur spécialisé qui interviennent pour « coacher » les personnels confrontés à des situations ingérables dans leur classe en amont des notifications MDA et qui gèrent les emplois du temps des AESH, autant d’enseignants et d’éducateurs spécialisés qui manqueront d’ailleurs dans les établissements sociaux et médico-sociaux ou dans les classes spécialisées pour prendre en charge les élèves. Pour l’Education Nationale les moyens sont pris sur l’enveloppe budgétaire 1er degré (BOP 140).

Les PAS sont donc un dispositif de gestion et d’amplification de la pénurie visant à restreindre et contourner les notifications MDA et à mutualiser toujours plus des AESH plus taillables et corvéables que jamais. Les PAS c’est : « dites-moi de quoi vous avez besoin, je vous expliquerai comment vous en passer… »

Les personnels ne veulent pas des PAS : ils veulent que soient créées des places dans les établissements sociaux et médico-sociaux pour les élèves qui en ont besoin, ils veulent la création de postes d’enseignants spécialisés qui interviennent directement auprès des élèves à besoin particulier, ils veulent les recrutements d’AESH sous statut qui sont nécessaires !

Des PAS pour fermer 1000 classes de plus !

Or, le ministère, plutôt que de créer des places dans les établissements sociaux et médico-sociaux, plutôt que de recruter des AESH sous statut, entend généraliser ces PAS pour amplifier les économies sur le dos des élèves les plus fragiles. 480 PAS existent actuellement. Le ministère veut en créer 1000 de plus à la rentrée et donc réserver 1000 postes pour la mise en place de ces dispositifs. 1000 postes qui provoqueront donc autant de fermetures de classes, en plus de celles générées par les 1891 suppressions de postes du budget Lecornu.

Ainsi, par exemple, dans notre académie, en plus des 136 suppressions de postes actées par le ministère, la Rectrice indique que 70 postes seraient utilisés pour mettre en place les PAS, ce qui signifie 70 fermetures de classes supplémentaires, car ces moyens sont pris sur les enveloppes budgétaires 1er degré ! En Mayenne le DASEN prévoit 10 PAS au total, dont 2 déjà expérimentés cette année !

Les PAS c’est la double peine : d’une part l’aggravation de l’inclusion systématique et forcée et de ses conséquences destructrices pour les élèves et les personnels, et d’autre part un nouveau contingent insupportable de fermetures de classes

Le SNUDI-FO revendique :

  • L’abandon des 1891 suppressions de postes dans les écoles et la création des postes nécessaires !
  • L’abandon des PAS !
  • La création des places nécessaires des les établissements sociaux et médico-sociaux !
  • La création du nombre de postes d’AESH à hauteur des besoins, avec un statut de fonctionnaire et un temps plein de 24h !
    Il invite les personnels à se réunir avec les parents d’élèves, avec les élus locaux, avec tous ceux qui veulent défendre l’Ecole publique pour prendre toutes les initiatives immédiates pour faire valoir les revendications !