Chaque année, le SNUDI-FO 53 actualise ses journaux départementaux, fruit du travail militant des collègues mobilisés pour défendre les revendications.
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L’édito des collègues du conseil syndical du SNUDI-FO 53
20 ans après la loi Montchamp de 2005
Seule la FNEC-FP FO a voté contre les décrets d’application de la Loi Montchamp de 2005 lors du Conseil Supérieur de l’Education (CSE) du 20 octobre 2005.
En février c’était le 20ème anniversaire de la Loi Montchamp sur le Handicap de 2005. Dans l’enseignement, cette loi a introduit un changement de paradigme : tous les enfants et adolescents handicapés sont désormais inscrits et inclus par défaut dans les écoles et les classes ordinaires, les droits aux soins et à un enseignement spécialisé adapté selon la nature et le degré du handicap n’étant plus la norme mais l’exception.
Depuis la mise en place de cette loi, ce n’est plus une commission indépendante composée de professionnels qualifiés qui décide des affectations des enfants handicapés mais une commission départementale présidée par le Conseil départemental. Cela a notamment remis en cause le secret médical et le respect des droits de ces enfants et de leurs familles.
Cette loi a également créé la fonction d’assistant d’Education (AVS) qui s’inscrivait dans le cadre de la loi Borloo dite des « contrats aidés » qui avait pour but de s’attaquer au Code du travail et aux conventions collectives. Malgré quelques avancées parcellaires depuis la création de cette fonction, qui ont abouti aux contrats AESH actuels, le problème de fond demeure : AESH est un emploi pérenne indispensable. Ces personnels doivent pouvoir bénéficier d’un vrai salaire et d’un statut de fonctionnaire.
Dans le même temps, des classes spécialisées ont été fermées, les spécificités d’enseignants spécialisés supprimées, les RASED réduits à peau de chagrin.
L’attaque contre l’enseignement spécialisé initiée par la loi Montchamp de 2005 s’est accentuée au fil du temps avec les décrets Darcos, la loi Peillon, la loi Blanquer… Chacun peut le constater aujourd’hui.
En réalité, l’école inclusive à tout prix, c’est la mise en place d’une politique d’austérité budgétaire radicale, renvoyant aux personnels de l’école la responsabilité de prendre en charge tous les handicaps, toutes les difficultés, tous les troubles, tout en continuant à gérer des classes aux effectifs toujours aussi chargés.
Le SNUDI-FO 53 qui dénonce seul depuis des années l’inclusion scolaire systématique organise tous les ans des stages et des RIS sur cette question. Chaque année les collègues font part de leurs expériences, de leurs difficultés, de leurs attentes, de leur colère et de leurs revendications. Loi Monchamp, décrets Darcos, loi Peillon, loi Blanquer, actes 1 et 2 de l’école inclusive ; un seul objectif : faire des économies sur le dos des plus fragiles, en fermant les structures et postes spécialisés.
Aujourd’hui, les enseignants spécialisés deviennent des coordonnateurs à qui l’on demande de devenir des VRP de l’école inclusive, les élèves à besoins éducatifs particuliers deviennent des statistiques !
Les orientations ministérielles successives sont claires depuis 2013 : transformer les enseignants spécialisés en personnels ressources, limiter et mutualiser l’accompagnement des AESH, au mépris des conditions de travail, et du droit des élèves d’avoir un enseignement adapté à leurs besoins.
Depuis des années, les gouvernements successifs ont, malgré la résistance des professionnels sur le terrain, mis en place des réformes pour que les ULIS et les UPE2A ne soient plus des classes mais des dispositifs, pour tenter de faire disparaître les SEGPA , pour externaliser les classes d’IME et d’ITEP faisant planer davantage encore la menace de la disparition de ces structures ! Aujourd’hui, avec l’acte 2 de l’école inclusive ce plan est mis à exécution. FO refuse et dénonce ces mesures contre la prise en charge individualisée, spécialisée de l’enseignement, de l’éducatif et du médical !
Le SNUDI-FO 53 réaffirme sa position constante :
Oui à la scolarisation adaptée aux besoins des élèves, en milieu ordinaire chaque fois que c’est possible, en établissement spécialisé chaque fois que nécessaire
Non à l’inclusion systématique et indifférenciée
Le SNUDI-FO 53 est inconditionnellement aux côtés des personnels pour défendre leurs droits et leurs conditions de travail, pour s’opposer à la destruction de l’ASH, de l’enseignement spécialisé, et continuer, envers et contre tout, à revendiquer le maintien et la création des postes d’enseignants spécialisés nécessaires.
Les 29 collègues du conseil syndical du SNUDI-FO 53