Edito des directeurs et des directrices des écoles de la Mayenne

Le SNUDI-FO 53 publie chaque année un journal spécial “direction” à destination des PE du département, dont l’Edito est signé par de nombreuses directrices et de nombreux directeurs. L’objectif est de sensibiliser un maximum de directeurs et d’adjoints sur les conséquences de la mise en œuvre de la loi Rihlac et sur les conditions de travail actuelles des directeurs qui ne s’améliorent pas.

Le journal sera imprimé mardi 24 mars

A ce jour, déjà près d’un directeur sur 4 l’a déjà signé ! Et toi ?

Tu trouveras l’édito 2026 et les premiers signataires ci-dessous après le formulaire que nous t’invitons à compléter.

Chers collègues,

Le leurre de la « simplification des tâches » que l’on nous sert depuis le suicide de notre collègue Christine Renon en 2019, ne trompe désormais plus personne. Nous ne voulons pas d’une vague « simplification » nous voulons un réel allègement de nos tâches !

Simplifier une tâche, pour notre ministère, c’est en ajouter toujours plus !

Nos conditions de travail ne cessent de se dégrader avec des tâches chronophages (enquêtes, PPRE, REE, AFFLENET, ADAGE…) sans parler des nouvelles mesures dont nous portons l’entière responsabilité : protocole Phare, Pacte, sécurisation des écoles, gestion de l’inclusion scolaire systématique, évaluations nationales et évaluations d’école, pilotage pédagogique, gestion quotidienne du manque de remplaçants…

Le ministère doit répondre aux revendications. Ce n’est pas avec les GDDE ou avec l’évaluation des directeurs que la situation va s’améliorer, bien au contraire.  

Avec la loi du 21 décembre 2021 (soutenue par certaines organisations syndicales et présentée par la députée Rilhac comme une réponse aux problèmes que nous rencontrons) notre charge de travail ne cesse d’augmenter, et ce sera de pire en pire avec la délégation de compétences qui nous est désormais attribuée. Ainsi, par exemple, la gestion des élèves à besoins éducatifs et pédagogiques particuliers et la mise en place des mesures de sécurité dans l’école, font désormais partie de nos responsabilités.

Pire, avec la loi Rilhac, nous sommes désormais évalués en plus de nos rendez-vous de carrière.

Oui, nous serons dorénavant évalués au plus tard après trois ans d’exercice puis au moins une fois tous les cinq ans, hors temps scolaire, par notre IEN. Cette évaluation fera l’objet d’un compte rendu écrit et n’offrira absolument aucun bénéfice sur notre déroulement de carrière. Elle est calquée sur celle des chefs d’établissement de collèges et lycées et nous serons évalués sur nos « compétences »
– pédagogiques (animation, pilotage, coordination des projets et de l’équipe pédagogique) ;
– relationnelles avec les familles, les élus, les associations…
– organisationnelles relatives au fonctionnement de l’école.

Avec la loi Rilhac, le profilage de nos postes, nous sommes donc désormais placés sur un siège éjectable !

Extrait du décret du 14 août 2023 (loi Rilhac): « Les instituteurs et professeurs des écoles nommés dans l’emploi de directeur d’école peuvent se voir retirer cet emploi par le directeur académique des services de l’éducation nationale dans l’intérêt du service. »

Alors que, comme tous les autres enseignants,nous sommes déjà évalués avec le rendez-vous de carrière PPCR, cette évaluation spécifique n’a d’autres objectifs que d’avancer vers un statut particulier pour les directeurs dont nous ne voulons pas, et de nous mettre au pas !

Adjoints et directeurs : tous concernés !

La bonification de 3 mois d’avancement accéléré pour les directeurs, prévue par la loi Rilhac n’est qu’un os à ronger, un leurre. Pourquoi ne pas la mettre en place pour la totalité des PE, et nous octroyer une augmentation indiciaire de 100 points ? Par ailleurs, avec un avancement spécifique, ne se dirige-t-on pas vers la création d’un statut particulier différent de celui qui existe actuellement où c’est un PE qui fait fonction de directeur d’école ?

Un décret qui conditionnera l’augmentation de nos décharges en fonction des mairies ? Le ministère, plutôt que d’accéder nationalement à notre revendication d’augmentation des décharges de direction, veut faire dépendre celle-ci aux bon vouloir des municipalités qui prendraient en charge cette majoration ! Nous refusons cette nouvelle attaque contre le cadre national de l’école publique et qui va venir la territorialiser un peu plus encore.

Alors oui, nous sommes tous concernés, adjoints comme directeurs. Selon nous, le directeur d’école doit rester un enseignant chargé de direction, rémunéré pour son travail et déchargé autant que nécessaire. Suivre une autre voie amène mécaniquement à une division entre les collègues, un accroissement des responsabilités et des charges de travail, et un éloignement du cœur de notre métier : l’enseignement. 

Nous sommes tous concernés, car il en va de la défense de l’école Publique : nous ne voulons pas qu’elle se transforme en entreprise !

C’est pourquoi, Nous revendiquons l’abrogation de la loi Rilhac et le rétablissement du décret de 1989 sur la direction d’école, l’abandon des GDDE, l’augmentation des décharges de direction, la création de postes statutaires d’aide administrative et une réelle revalorisation liée à la fonction (100 points d’indice pour tous les directeurs).

Vous trouverez dans ce numéro spécial des informations précises sur l’actualité relative à la direction d’école.

Bonne lecture !

Les premiers directeurs et directrices mayennais signataires 2026 :

Frédéric Gayssot (école élémentaire de Saint Denis d’Anjou)
Sébastien Touzé (école Michelet de Laval)
Nathalie Legai (école de Marcillé La Ville)
Bastien Cortais (école de Champfrémont)
Mathieu Guimard (école de la Chapelle Anthenaise)
Sandra Genet (école Jacques Prévert de Renazé)
Magali Banderier (école de Congrier)
Matthieu Valton (école Constance Lainé de Craon)
Angélique Pineau (école Jean Jaurès élémentaire de Cossé le Vivien)
Thierry Orève (école de Ravigny)
Lucie Dalibard (école de La Chapelle Au Riboul)
Gaële Lallemand (école élémentaire René Cassin de Meslay du Maine)
Marlène Dreux (école de Chailland)
Audrey Courtin (école de Sacé)
Audrey Demange (école de la Bigottière)
Clotilde Hunot (école Arc-en-Ciel Ruillé-Froid-Fonds)
Christelle Prodhomme (école Jean Guéhenno maternelle de Château Gontier sur Mayenne)
Isaüra Hubert (école de Contest)
Vanessa Denuault (école de Villiers Charlemagne)
Stéphane Renucci (école de Saint Germain le Guillaume)
Clément Delangle (école maternelle de Gorron)
Marion Rouxel (école de la Selle Craonnaise)
Chloé Taupin (école d’Ahuillé)
Bénédicte Croissant (école de Bouchamps les Craon)
Audrey Le Mouroux (école Jean Tardieu de Montsûrs)
Anatole Boulay (école de Louvigné)
Emelyne Planchais (école maternelle de Andouillé)
Leslie Rousseau (école de Moulay)
Stéphanie Courtin (Saint Calais du Désert)
Amandine Gauthier (Ecole de Saint Aignan de Couptrain)
Léa Poirier ( Ecole de Saint Cyr en Pail)
Antoine Laurent (école élémentaire de Louverné)
David Sablé (école du Ribay)
Isabelle Mauget (école de Belgeard) école de Belgeard)
Laurent Vallée (école Paul Cézanne Saint-Baudelle)
Eva Morby (école maternelle Saint Denis d’Anjou)
Amélie Ricard (école de Bais)
Aurélie Fournier (école de Pommerieux)
Stanzi Lebatteux (école de Saint Germain de Coulamer)