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Le SNUDI-FO 53 alerte depuis juillet 2025 sur le protocole d’accord signé entre le ministère de l’éducation nationale et l’association des maires de France (AMF). C’est ce protocole qui est à mettre en lien avec l’ODDR, l’observatoire des dynamiques rurales, qui associe les élus, la préfète et les responsables de l’Education Nationale.

Lire notre courrier aux élus de décembre 2025
L’alerte du conseil syndical du SNUDI-FO 53 en septembre 2025
Communiqué du SNUDI-FO en juillet 2025
Article Café pédagogique de décembre 2025

Le protocole AMF / Education Nationale

Le diaporama présenté dans le département (Observatoire des Dynamiques Rurales ODDR)

La lettre du DASEN aux maires

En réalité, ce protocole associe les maires, parfois à leur insu, aux fermetures de classes et va plus loin dans la territorialisation de l’Ecole publique.

A l’instar de cette carte scolaire 2026, les écoles rurales sont les premières impactées : Saint Germain de Coulamer, RPI Alexain-Bigottière-St Germain, RPI Villiers-Ruillé, Congrier, Deux Evailles…

Depuis 2017, et la convention ruralité, il y a eu 150 fermetures de classes dans le département de la Mayenne dont la majeure partie dans les villages ruraux.

Depuis des années, dans bien des situations, des élus, en particulier des maires, s’engagent pour défendre l’école publique de leur commune, aux côtés des parents d’élèves, des personnels et de leur syndicat. Cela a encore été le cas pour cette carte scolaire 2026.

C’est d’ailleurs cette unité des usagers, des élus et des personnels avec le SNUDI-FO 53, qui permet chaque année de mettre en échec bien des fermetures pourtant programmées en CSA.  

On comprend mieux pourquoi le ministère de l’éducation Nationale cherche à museler les maires et à les intégrer dans ses projets funestes pour l’école publique.

Cette convention s’intitule : « Le gouvernement et les maires de France mobilisés et unis pour relever les défis de l’Ecole « 

Dans le cadre de ce protocole, il faudrait que les maires, saignés à blanc par les baisses de dotations budgétaires de l’Etat, s’unissent à un gouvernement, qui a imposé 5000 fermetures de classe dans les écoles publiques en 2025, et probablement le double en 2026. Il s’agit au final, via les fusions et regroupements, de programmer des fermetures d’écoles. Qui pourrait accepter cela ?

Jusqu’à présent, les maires étaient souvent invités à des réunions avec les DASEN, les IEN, les préfets sans réelle possibilité de concertation. Mais ce protocole est d’une autre portée. Notre DASEN a déjà pris les devants, en anticipant largement les prochaines cartes scolaires via l’organisation de plusieurs réunions avec tous les maires du département. Il s’appuie sur les intercommunalités et les communes nouvelles, qui pourraient dessaisir les maires de leurs compétences en matière scolaire. 

A l’instar de la convention ruralité promue par Monsieur Waleckx ex-DASEN de la Mayenne, l’objectif est clair : Il s’agit bien « d’anticiper les fermetures de classes en associant étroitement les maires aux travaux préparatoires de la carte scolaire » !

Saint-Aignan de Couptrain, Saint Calais, Montjean, Beaulieu Sur Oudon, Saint Germain de Coulamer, Le Ribay, Marcillé-la-Ville, La Bigottière, Alexain, Saint Germain le Guillaume, Montourtier, Azé, Saint Denis d’Anjou, Hambers, Izé, Saint Mars sur Colmont, Montreuil Poulay, Assé le Bérenger, Saint Georges sur Erve, Ravigny, Champfrémont, Deux Evailles (c’est fait)…
A court terme, toutes les écoles rurales sont concernées !

Depuis l’année scolaire 2024-2025, les IEN du département, missionnés par le DASEN, rencontrent les élus pour faire la promotion des fusions et regroupements d’écoles, toujours sous couvert de baisse démographique, et de plus-value pédagogique, et dans le dos des enseignants ! 

Ainsi, les petites écoles rurales seraient devenues, pour le DASEN, des dangers pour les enfants, un vrai problème pour les conditions d’exercice des enseignants !

Ce sont des propos qui nous ont été rapportés, et tenus lors de ces réunions.

En réunion de rentrée, le DASEN avançait déjà un peu plus vers la fusion des corps, et va jusqu’à imaginer de scolariser des élèves de CM en collège, pour équilibrer les effectifs !

Le protocole indique que « les projets de création de regroupements d’écoles proposés par les DASEN font l’objet d’une analyse d’impact préalable » tout en rappelant en permanence le cadre contraint de l’enveloppe budgétaire !

Associer les maires aux fermetures de postes et à la dégradation des conditions de travail, cela passe également par le soutien au dogme gouvernemental d’inclusion systématique et forcée et à la remise en cause de l’enseignement spécialisé puisque « Les maires sont associés au déploiement des pôles d’appui à la scolarité (PAS) ». C’est ce qui s’est passé à Evron ou à Laval avec l’expérimentation de deux PAS cette année dans le département, et ce qui va se passer avec les 5 nouveaux PAS prévus par le DASEN.

Le SNUDI-FO 53 rappelle que les PAS sont utilisés pour remettre en cause l’existence des établissements sociaux et médico-sociaux en substituant à la prise en charge effective des élèves à besoin particulier par des enseignants spécialisés du « coaching ». Ils permettent également de contourner les notifications de la MDA et mutualiser d’avantage les AESH, de l’aveu même du ministre et du DASEN : avec les PAS, c’est moins de notification MDA !

Enfin ce protocole cherche à accélérer la territorialisation de l’Ecole publique en invitant les collectivités à « s’appuyer sur le projet éducatif territorial (PEDT) pour coordonner les dispositifs et les actions des acteurs éducatifs locaux. » (Contrats locaux en matière de sécurité et de prévention de la délinquance, ou de santé, absentéisme…, associer les maires à l’ordre du jour des conseils d’école, formations communes entre les enseignants et le personnel territorial, TER, CLA…)

Le SNUDI-FO 53 défend le cadre national de l’école Publique. 
La résistance s’impose : mettre en échec la casse de l’école Publique !