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Alors que le ministre Geffray adressait, le 22 janvier, une missive lyrique aux personnels, les exhortant à se faire « allumeurs de lumières » et « sentinelles de la raison », son plan social d’une brutalité sans nom, est venu éteindre la fragile flamme qu’il prétendait raviver.

2229 suppressions de postes dans les écoles publiques en France avec un revirement du ministère mercredi 28 janvier et qui annonce finalement 1891 suppressions, comme prévus initialement dans le plan d’austérité ! Pour l’académie de Nantes, nous apprenons lundi, que ce sont 151 postes supprimés à la rentrée 2026…dont déjà 10 en Mayenne. Mercredi 28 janvier, nous passons à 136 suppressions de postes dans l’académie dont 9 pour la Mayenne.

Panique et bidouille au ministère : alors que le budget 2026 n’est toujours pas définitivement adopté, de nouvelles dotations ont donc été envoyées par le ministère mercredi soir…
Pour le 1er degré ce ne sont plus 151 suppressions dans l’académie, mais 136… ça patauge à tous les étages de notre administration, et FO a bien fait de ne pas cautionner le CSA départemental de jeudi 29 janvier.
La rectrice a aussi envoyé mercredi 28 janvier, un rectificatif alors que le CSA académique s’est réuni lundi ! On passerait de 10 suppressions de postes à 9. La rectrice essaye de faire passer ça en dotation supplémentaires, au final on reste dans le négatif et cela ne change rien à la logique austeritaire puisque si rien n’est fait, il faudra s’attendre à 5 fois plus de fermeture de classes que l’année dernière en moyenne avec l’installation notamment des PAS.

Un véritable plan social !

Cette offensive d’une ampleur inédite contre l’École publique appelle une résistance à la hauteur de l’attaque. Le Premier ministre Lecornu, en recourant à l’article 49-3, outil antidémocratique par excellence, et au terme de tractations politiciennes destinées à éviter la censure, a imposé son budget 2026.

Un budget qui accorde des moyens considérables aux crédits militaires – en hausse de près de 7 milliards d’euros – tout en s’attaquant frontalement à la Sécurité sociale, aux droits des salariés, aux services publics, à l’hôpital public et, tout particulièrement, à l’École publique.

Les dotations en postes, présentées lors du CSA ministériel du 26 janvier, confirment cette orientation brutale. Elles marquent une violence sans précédent contre l’enseignement public : plus de 4000 postes d’enseignants seront supprimés à la rentrée 2026 : 1803 dans le 2nd degré et 2229 dans le 1er degré.

Lors du CSA académique de ce mardi 27 février, la Rectrice a acté la répartition des 151 suppressions de postes dans le premier degré. La Mayenne subira à elle seule 10 suppressions de postes pour la rentrée 2026.

Le SNUDI-FO 53 alerte : à ces 2229 suppressions de postes doivent s’ajouter 1000 postes « réservés » aux PAS (Pôles d’Appui à la Scolarisation). Dans l’académie, la Rectrice vient d’annoncer que ce seront 70 postes qui y seront  consacrés aux PAS ! Ces postes serviront à fermer des classes pour alimenter des dispositifs qui remettent en cause les notifications de la MDA et le droit des élèves en situation de handicap à une scolarisation adaptée à leurs besoins. Dans le même temps, le gouvernement annonce la création de seulement 500 postes d’AESH au niveau national, alors même que de nombreux postes existants ne sont pas pourvus en raison de la précarité insupportable de ces emplois.

Le SNUDI-FO 53 ne laissera pas faire !

Ces suppressions massives, auxquelles s’ajoutent les 1000 postes fléchés vers les PAS, viennent s’empiler sur celles de la rentrée 2025, qui avait déjà vu 470 suppressions de postes et entraîné de nombreuses fermetures de classes. En Mayenne, les 3 suppressions de postes en 2025 avaient conduit à la fermeture de 7 classes. Cette année, avec 10 suppressions de postes et l’implantation des PAS, il faut s’attendre à une nouvelle vague de fermetures.

Globalement, le budget Lecornu prépare cinq fois plus de fermetures de classes que l’an dernier, d’autant que le ministre a choisi de reporter les comités sociaux d’administration après les élections municipales.

L’an passé, la mobilisation des personnels avec le SNUDI-FO 53, aux côtés des parents d’élèves et souvent des élus locaux, avait permis de sauver de nombreuses classes. D’ores et déjà, le SNUDI-FO 53 se tient aux côtés des écoles pour organiser la riposte.

Sans attendre les instances de carte scolaire, le SNUDI-FO 53 appelle les professeurs des écoles et les AESH à se réunir avec le syndicat pour préparer la résistance et mettre en échec ce plan de destruction de l’École publique (Dates des prochaines RIS dans le département)

Le SNUDI-FO 53 rappelle qu’il faudrait au minimum créer 50 postes dans le premier degré en Mayenne pour répondre aux besoins urgents :
– des effectifs décents dans toutes les classes,
– le remplacement de toutes les absences,
– des RASED complets pour des secteurs de 800 élèves maximum,
– des enseignants référents en nombre suffisant,
– des enseignants spécialisés pour répondre à toutes les notifications de la MDA.

Force est de constater que le gouvernement Lecornu et le ministre Geffray sont à l’opposé total des revendications.

Annulation des suppressions de postes du budget Lecornu ! Abandon des PAS !

La baisse démographique invoquée par le ministère doit, au contraire, permettre une réduction significative des effectifs dans toutes les classes, ainsi que la création des postes de remplaçants et d’enseignants spécialisés à hauteur des besoins réels.

Faites remonter vos prévisions actualisées au syndicat