Suicide de notre collègue de Pantin (93)

Suicide de Christine Renon, nouvelle victime du travail

Inviter nos syndicats en « comité de suivi » pour un Statut de directeur d’EPSF… ou répondre enfin au courrier de Christine Renon?

Les organisations syndicales de la Seine-Saint-Denis, qui appelaient à se rassembler jeudi 3 octobre à la DSDEN de Bobigny, ont été suivies partout en France. Elles ont publié un communiqué commun exprimant les revendications urgentes à satisfaire. Ce communiqué a été repris en Mayenne.

La déclaration intersyndicale Mayennaise

Alors que depuis plusieurs jours, la colère et l’indignation suite au décès de notre collègue traversent toutes les salles des maîtres, le Ministre Blanquer est enfin sorti de son silence. Mais c’est pour tenter d’utiliser l’émotion créée par ce suicide pour faire rentrer par la fenêtre la création d’un statut de directeur supérieur hiérarchique que nous avions réussi à chasser par la porte par la mobilisation contre les EPSF et la loi Blanquer !

Avec son « comité de suivi », les intentions du gouvernement sont très claires et viennent confirmer les informations publiées par « Les Echos » et relayées par le « Café Pédagogique » . Le ministre le confirme clairement dans son message filmé aux directeurs d’école.

Article « Les Echos »
Café Pédagogique
Annonces du ministre

Pour le SNUDI-FO 53, répondre au courrier de notre collègue Christine Renon nécessite des mesures d’urgence permettant d’améliorer immédiatement les conditions de travail des enseignants :

– Arrêt de la réforme des rythmes scolaires et de la territorialisation de l’école : Retour à la semaine de 4 jours partout. Abrogation des décrets Peillon-Hamon et Blanquer. Séparation du scolaire et du périscolaire, arrêt des PEdT.

– Application systématique de l’article 11 du statut de fonctionnaire : protection inconditionnelle des enseignants par la hiérarchie face aux agressions dont ils sont victimes

– Abaissement général des effectifs dans les classes et garantie de remplacement des maîtres absents.

– Mise en place de la médecine préventive réglementaire à la hauteur des besoins ainsi que le respect des prérogatives des CHSCT tant au niveau de leurs missions d’enquête que celles de prévention.

Concernant la direction d’école :

-Abandon de tout projet de création d’un statut hiérarchique EPEP, EPSF ou encore chef d’établissement 1er degré ;

-Augmentation des normes de décharges (en commençant par rétablir celles supprimées il y a 2 ans) – comptabilisation des dédoublements comme des classes en REP et REP+ ;

-Amélioration du régime indemnitaire ;

-Rétablissement une aide administrative à temps complet et dans le cadre d’un emploi statutaire de fonctionnaire dans toutes les écoles ;

-Allègement des tâches et suppression de toutes les tâches qui sont transférées des IEN ou de l’administration vers les directeurs.


Le communiqué FNEC-FP FO

Le communiqué du SNUDI-FO 93
Le communiqué intersyndical 93 SNUipp – SNUDI-FO – SUD – CGT – SE-Unsa – CNT – CFDT

La lettre de Christine doit être connue dans toutes les écoles pour que cesse le « pas de vague » institutionnel, scandaleux et destructeur. Plus jamais ça ! Cette lettre a été transmise à tous les collègues directeurs du 93 ainsi qu’aux syndicats représentatifs en Seine Saint Denis.

Le communiqué du SNUDI-FO 53:

Christine Renon était directrice dans une école maternelle de Pantin. Elle avait 58 ans. Elle s’est donné la mort dans son école, son lieu de travail, ce week-end. Encore une nouvelle victime du travail à l’Education Nationale.

Assez de l’écoute complaisante par la haute hiérarchie des mises en cause les plus insensées, infondées, sans faits avérés des enseignants ! Assez de l’impunité pour ceux qui de près ou de loin ont contribué à faire craquer et à conduire au suicide des collègues ! L’Etat doit enfin réellement protéger ses fonctionnaires lorsque l’alerte est donnée, qui plus est, à plusieurs reprises !

Le suicide de notre collègue met encore une fois en exergue les carences de l’Education nationale à protéger ses personnels. C’est un fait, la hiérarchie de l’Education nationale met en œuvre que trop rarement l’application de l’article 11 du statut général, à savoir la protection fonctionnelle. Dans son courrier, notre collègue met en avant la charge de travail, l’épuisement, les pressions de la hiérarchie, les incohérences et les absurdités de notre ministère. Son geste ne doit pas rester sans réaction.

Le SNUDI-FO de la Mayenne apporte tout son soutien aux collègues de l’école maternelle Méhul de Pantin et apporte ses condoléances à sa famille et à ses proches. Le SNUDI-FO 53 décide de publier la lettre de notre collègue car cela doit être connu et cela doit être diffusé largement autour de nous.

A Laval, le 25/09/19