Comme tous les syndicats, le SNUDI FO 53 a été destinataire d’un appel à l’aide de la part de PE qui ont rédigé une pétition nationale sous la forme d’une “Lettre ouverte au ministre de l’Éducation Nationale : Mutez-nous !“.

Notre syndicat apporte son soutien plein et entier à cette initiative indispensable après les résultats désastreux du mouvement interdépartemental rendus publics le 2 mars.

Nous leur avons proposé notre aide pour faire reconnaître les souffrances occasionnées par ces non-mutation. Nous invitons tous ceux qui le souhaitent à se saisir du CHSCT Départemental et de celui du MEN.

Le SNUDI-FO 53 fait donc connaitre leur initiative.

Le syndicat vous invite à signer et à partager leur pétition en ligne


Leur courrier aux syndicats

La réponse du SNUDI-FO 53


Leur lettre ouverte au ministre Blanquer

LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE MINISTRE DE L’EDUCATION NATIONALE
Mardi 9 mars 2021
Objet : Mutez-nous.

Monsieur le Ministre,
Les résultats du mouvement interdépartemental des professeurs des écoles viennent d’être publiés mardi 2 mars. Sur 17 179 demandes, 3 614 collègues ont obtenu satisfaction. Nous faisons partie des 13 565 professeurs des écoles qui voient leurs espoirs de mutation s’envoler.

Le taux de satisfaction est de 21,03% alors qu’il était de 45,7% en 2004 : nous voici contraints à un mouvement désormais réduit de moitié. Nous ne comprenons pas et ne pouvons accepter que ce qui était possible jusqu’en 2004 ne le soit plus en 2021. Cette situation impacte nos conditions de travail, notre état de santé comme notre vie personnelle. Nos vies en dépendent.

La pénurie de postes remet en cause notre droit à la mutation. Désormais, cinquante départements restent quasiment inaccessibles avec moins de 10% de demandes d’entrée satisfaites : du Morbihan (1,47%) jusqu’au Gers (9,72%), c’est la moitié des départements de Métropole qui n’est déjà plus accessible.

En exerçant dans des départements « déficitaires » qui bloquent les sorties et deviennent de véritables prisons, la majorité d’entre nous subit une double peine. Des Landes (7,97%) jusqu’à l’Ain (19,76%), en passant par tous les départements d’Île de France qui représentent 49% des demandes, ce sont vingt-cinq départements qui accordent moins de 20% des demandes de sortie. Serions-nous condamnés, dans ceux-ci, à attendre la retraite pour pouvoir rejoindre nos conjoints, nos familles où la région dans laquelle nous souhaitons vivre ?

Dans ces conditions, la situation de nombre d’entre nous est devenue critique : en disponibilité depuis trop longtemps, dans l’attente d’une mutation repoussée chaque année, certaines envisagent même de démissionner de l’Education Nationale « qui ne veut plus de nous ». Nous constatons, à la lecture du bilan social 2020 de votre ministère, que le nombre de démissions augmente chaque année et a été multiplié par cinq depuis dix ans dans notre corps. Envisagez-vous de stopper cette hémorragie ?

Nous venons d’apprendre que vous aviez l’intention d’affecter 18 000 étudiants-contractuels sur plusieurs milliers de postes dans les écoles et collèges. Nous vous demandons d’abandonner un tel projet qui nous priverait définitivement de la mutation que nous attendons depuis si longtemps. Nous sommes fonctionnaires titulaires, donc formés et compétents, et nous avons droit à ces postes.

Nous allons engager un recours puis une demande d‘exeat-ineat dans les délais. Mais nous souhaitions vous adresser cette lettre ouverte pour que vous apportiez une réponse à notre demande : quand et comment, Monsieur le ministre, avez-vous l’intention d’agir pour que le mouvement interdépartemental des professeurs des écoles redevienne un véritable mouvement qui satisfasse 45% des demandes, comme en 2004 ?

Nous nous sommes organisés dans un groupe de 2 800 professeurs des écoles. Nous sommes prêts à vous rencontrer, avec nos délégués du personnel, afin que vous nous proposiez des solutions pour sortir de cette impasse.

Considérant l’impact de cette situation sur notre santé et nos conditions de travail, nous saisissons le CHSCT ministériel de cette situation.

Veuillez agréer, Monsieur le ministre, l’expression de notre attachement à l’Ecole publique et au respect de ses personnels.

Pour tout contact : Caroline Caron – lettreouverteauMEN@gmail.com